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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 18:33
Par Elie Arié...



La gauche doit cesser de prêcher et de militer, contre tout ce qu'elle ferait si elle était au pouvoir: la déception n'en serait que plus grande.

 

Un thème récurrent est celui du combat contre la fermeture des petits hôpitaux, dits "de proximité": sans soutenir ouvertement ceux qui sont engagés dans ces combats d'arrière-garde (et pour cause!) la gauche a le tort de ne pas les décourager.

 

On sait pourtant que les regroupements d'hôpitaux, leur mise en réseau, la définition de "qui fait quoi" a été courageusement initiée par la gauche, et sera continuée par elle si elle revient au pouvoir; on sait que la FHF, Fédération Hospitalière de France, qui représente les hôpitaux publics, et qui est dirigée par l'ancien Ministre socialiste de la santé et de la sécurité sociale Claude Evin, soutient cette évolution; on sait que l'époque de l'"hôpital qui fait tout" est révolue; on sait que, plus l'activité d'un hôpital est faible, moins la sécurité y est garantie; et qu'une maternité qui fait moins de 300 accouchements par an, c'est-à-dire moins d'un accouchement par jour, est une maternité à risques; on sait que ceux qui manifestent contre la fermeture de ces petits hôpitaux et de ces petites maternités ne le font que pour préserver l'emploi local, mais que, lorsque eux-mêmes doivent se faire hospitaliser ou accoucher, ils vont dans des grands centres...et qu'ils ont raison; on sait que la France manque cruellement (et manquera de plus en plus, avec le vieillissement de la population) de maisons de retraite médicalisées, d'hôpitaux de moyen et long séjour, de centres de rééducation, pour lesquels la proximité est indispensable.

 

Alors, il faut avoir le courage de ne pas entretenir les illusions de ceux qui s'imaginent que la gauche au pouvoir soutiendra leurs combats archaïques, et subventionnera l'emploi local aux dépens de la sécurité.

 

 

Il n’y a, en effet, pas grand’chose à redire :

 

- sur le « rapport Larcher » pour les hôpitaux,

 

-sur le financement des hôpitaux à partir de leur activité réelle, médicale, mais aussi sociale (budgétisée dans l’enveloppe spécifique MIGAC) ; c’est l’ ONDAM qui fixe le montant des sommes allouées aux hôpitaux, et, si on les trouves insuffisantes, c’est le Parlement qu’il faut interpeller : la tarification à l’activité (dite T2A) n’est qu’un moyen, toujours  perfectible, de répartir ces sommes, mais plus rationnel que la reconduction uniforme du budget global majorée d’un taux directeur unique.

 

-sur ce que l’on sait du projet de loi « Santé, Patients et Territoires », et notamment sur la  volonté de s’attaquer aux inégalités géographiques de l’offre de soins, la création de maisons de santé pluridisciplinaires, la réforme de la formation médicale continue des médecins, et, surtout, le projet de fondre les Agences Régionales de l’ Hospitalisation avec les Unions Régionales des Caisses d’ Assurance-Maladie pour constituer des Agences Régionales de Santé, de façon à harmoniser la médecine de ville avec la médecine hospitalière…une vieille revendication de la gauche, qui figure dans tous ses programmes-santé depuis 10 ans !

 

 

 

Rien , non plus, à redire sur le principe de ces vieilles revendications de la gauche que sont :

 

-les déremboursements de médicaments à efficacité, faible, nulle ou non démontrée : démarche rationnelle commencée sous les gouvernements socialistes, et poursuivie sous Chirac puis Sarkozy ; rien, enfin, à redire sur

 

-le parcours rationalisé de soins avec un médecin-traitant,

 

-l’ introduction d’une part forfaitaire, non payée à l’acte, de la rémunération des médecins pour leurs activités de prévention,

 

-la remise en cause de la liberté totale d’installation des médecins,

 

-la lute contre les dépassements d’honoraires abusifs et le refus (illégal ) de soigner les bénéficiaires de la CMU.

 

Bien entendu :

 

-il ne s’agit là que de projets d’un plan de négociations avec les Caisses et les différents syndicats, notamment médicaux, et non du projet de réforme tel qu’il sera débattu à l’ Assemblée et qui pourra faire l’objet d’amendements ;

 

 

 -il faudra regarder attentivement les modalités d’application du texte définitif, car on sait que « le diable se niche dans les détails ».

 

C’est sur d’autres points de la politique de santé du gouvernement que doivent porter les critiques de la gauche :

 

1- Un parti pris purement idéologique de privatisation, en transférant une part croissante des remboursements sur les complémentaires (assurances privées ,mutuelles, instituts de prévoyance ) aux dépens du financement par la Sécurité Sociale, qui, lui, est un financement solidaire réalisant une redistribution des revenus ( chacun paye en fonction de ses revenus pour des soins en théorie identiques) ; si les franchises (qui sont, pour l’instant, plafonnées à 50 € par assuré et par an) ne sont pas remboursables par les complémentaires, l’essentiel est l’ensemble du « reste à charge » des assurés, et qui, lui, n’est pas plafonné : dépassements des honoraires des spécialistes, tickets dits modérateurs, prothèses indispensables de toutes sortes (dentaires, auditives, lunettes, etc., dont un meilleur remboursement par l’assurance-maladie faisait d’ailleurs partie des promesses oubliées de la campagne présidentielle de Sarkozy), forfait journalier hospitalier, etc.

 

Une étude de la Cour des comptes réalisée à la demande du Sénat révèle que les frais de gestion des complémentaires santé atteignent 25,4%, alors que ceux de l'assurance-maladie n'atteignent que 5,4%. ; il est d'ailleurs amusant qu'il ait fallu faire intervenir le Sénat et la Cour des Comptes pour découvrir un fait connu depuis longtemps, et qui peut aussi s'énoncer ainsi: les assureurs-santé, lorsqu'ils sont en concurrence, doivent consacrer 20 % de leurs frais de gestion à la publicité, au marketing, et à la recherche permanente de nouveaux adhérents...

 

D’autre part, cette étude montre que l’addition des différentes aides publiques consacrées à accroître le taux de couverture de la population par des assurances complémentaires s’élève à un montant total de 7,6 milliards d'euros. Ce montant représente 35% du montant des prestations complémentaires versées. Il correspond aussi au coût, pour la collectivité, du déplacement du remboursement de certaines dépenses de l'assurance-maladie obligatoire vers les assurances complémentaires. Qui a dit que le contribuable économisait lorsqu’on opérait des transferts de dépenses ?

 

2- Le mythe d’un financement d’organismes de lutte contre la maladie d’Alzheimer par les franchises médicales : le budget de l’ Assurance-Maladie est « un tout », et si les franchises ont pour effet d’entraîner une baisse de la consommation et des dépenses, on imagine mal un gouvernement affecter ces économies à un autre poste, et ramener ainsi à son niveau antérieur un déficit qu’il aurait réussi à combler partiellement ;

 

3- Le statut des cliniques, qui, devant redistribuer des profits à leurs actionnaires, peuvent, à tout moment, se retirer de ce secteur s’ils ne le jugent pas assez lucratif, et faire s’effondrer un équilibre entre public et privé que le rapport Larcher tente péniblement de mettre sur pied : comme c’est le cas de la majorité des hôpitaux privés aux Etats-Unis, ceux-ci devraient avoir le statut de Fondations, qui sont obligées de réinvestir la totalité de leurs profits ;

 

4- Les effets d’annonce, comme le discours de Nicolas Sarkozy tenu lors de la Conférence nationale du handicap: rien sur les méthodes, le calendrier et, une nouvelle fois, sur les moyens.

 

5- L’ensembkle

 

Mais, surtout, il serait bon que l’opposition s’empare du dernier étage de la fusée qui continue à faire défaut : celui des indicateurs de résultats médicaux, ceux qui permettent de savoir non seulement si tout le monde est soigné, mais si tout le monde est bien soigné, sujet tabou en France et de plus en plus utilisé dans les pays anglo-saxons : car des dépenses plus élevées peuvent être justifiées par de meilleurs résultats médicaux,  et tout le monde est capable de faire des économies en soignant moins bien : encore faut-il se décider à se doter des outils pour le savoir ! Il serait inacceptable pour la gauche qu’en France, l’ Etat démissionne de sa fonction d’évaluation des résultats et de la qualité des soins, et abandonne cette mission d’intérêt général aux assurances complémentaires et privées.

 

On voit donc que l’opposition a mieux à faire que de « suivre ses troupes puisqu’elle en est le chef », et de condamner les réformes qu’en réalité elle approuve (ce fut déjà le cas lors du « plan Juppé » de 1995, d’inspiration plus étatique que libérale en matière de santé, et que le gouvernement Jospin a, pour l’essentiel, appliqué sans le dire) , qu’elle regrette de ne pas avoir eu le courage de mener, et sur lesquelles elle ne reviendra évidemment pas ; mais on ne peut que s’étonner de son silence sur ses divergences pourtant profondes avec le démantèlement de l’assurance-maladie solidaire.

 

Elie Arié

 

 

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commentaires

marc d Here 18/09/2008 15:40

En matière de santé, "on n'a pas les moyens de dépenser de l'argent pour rien", a martelé aujourd'hui Nicolas Sarkozy, qui a enjoint tous les acteurs, de l'hôpital aux assurances complémentaires, à travailler à rendre le système de santé, dont les dépenses explosent, tout à la fois plus économe et plus performant.

"Si nous voulons préserver un financement universel et solidaire de nos dépenses de santé, il faut que tout acte accompli le soit de la façon la plus économe possible", a lancé le chef de l'Etat. En déplacement à Bletterans (Jura), il a renouvelé son objectif de ramener les comptes de l'assurance-maladie à l'équilibre d'ici 2011, malgré l'explosion des dépenses qui atteignent aujourd'hui 200 milliards d'euros par an. "Pour y parvenir, nous aurons besoin de l'engagement résolu de tous", a-t-il prévenu.

L'avant-projet de loi "Hôpital, patient, santé et territoires" tout juste finalisé par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui accompagnait le président, va organiser cet engagement. Le texte vient d'être transmis pour avis au Conseil d'Etat et sera présenté en conseil des ministres début octobre. Le débat au Parlement prévu à l'automne "permettra d'améliorer encore le contenu de la réforme", a ouvert le président.

M. Sarkozy a d'abord confirmé la vaste réorganisation de l'hôpital qu'il avait déjà annoncée et qui devrait se traduire par la création de regroupements d'établissements. Au passage, les plus petits services de chirurgie ou de maternité devraient disparaître pour se consacrer à "la prise en charge du grand âge ou du handicap adulte".

"Nous souffrons trop de l'éparpillement des ressources médicales et paramédicales", a-t-il justifié à l'adresse de Jacques Pélissard, député UMP de la circonscription, avec lequel il s'est ensuite entretenu en tête-à-tête. Président de l'Association des maires de France.

Source AP

marc d Here 18/09/2008 13:49

En déplacement dans le Jura pour la visite d'une maison médicale de Bletterans, le chef de l'État Nicolas Sarkozy, accompagné par la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, présente les grandes mesures de sa politique de réforme du système de soins. Il a refusé en revanche d'aborder la crise financière, précisant qu'il s'exprimerait "peut-être avant" Toulon, où aura lieu une réunion publique, le 25 septembre. Le détail, point par point, des mesures annoncées.

Pénalités plancher. "J'invite l'Assurance maladie à intensifier la lutte contre les gaspillages, les abus et les fraudes", a déclaré le Président, en annonçant la mise en place de "pénalités plancher" contre les fraudeurs à l'assurance maladie dès 2009, "sur le modèle de celui en vigueur pour lutter contre le travail illégal".

Taux de mortalité. Le chef de l'État veut que soient rendus publics les taux de mortalité des hôpitaux. "À l'hôpital, je souhaite que chaque établissement analyse avec attention les causes des accidents liés aux soins prodigués en son sein."

Forfaits de prises en charge. Le chef de l'État souhaite "que dans chaque cabinet médical, dans chaque maison de santé, la qualité de la prise en charge des maladies chroniques dominantes - l'hypertension artérielle, le diabète, l'asthme ainsi que les affections psychiatriques et psychologiques - soit garantie par l'application de protocoles clairs et connus de tous. (...) que des forfaits de prise en charge des personnes atteintes de l'une de ces maladies chroniques soient expérimentés par l'Assurance maladie et les complémentaires santé". Selon lui, "ces forfaits devront se substituer au paiement à l'acte. Socle d'une prise en charge attentive et régulière, ils seront un élément essentiel de qualité des soins".

Équilibre pour 2011. "Assurer le financement des dépenses de santé, c'est un défi pour demain qui se joue aujourd'hui. C'est pourquoi je souhaite que l'Assurance maladie revienne à l'équilibre en 2011", a-t-il déclaré. Le déficit de l'Assurance maladie prévu en 2008 se monte à 4,1 milliards d'euros.

Intéressement du personnel hospitalier. "La réforme doit aussi accompagner tous ceux qui s'engagent dans le changement. Pourquoi ne pas permettre aux hôpitaux qui sont à l'équilibre, grâce aux efforts de tous leurs personnels, de redistribuer une partie des excédents à leurs salariés au travers d'une politique d'intéressement ?" Le chef de l'État a saisi l'occasion pour dénoncer à nouveau les 35 heures, "qui ont profondément désorganisé l'hôpital".
Clément Daniez
Le Point.fr et agence...

marc d Here 17/09/2008 19:19

Les prix des médicaments génériques remboursables vont baisser de 5% en 2009, a indiqué aujourd'hui le ministère de la Santé, cette baisse devant s'appliquer à ceux qui arriveront sur le marché à partir de l'an prochain.

"Nous confirmons qu'il y aura bien une baisse de 5% du prix des médicaments génériques en 2009", a indiqué le ministère de la Santé, confirmant une information du quotidien économique Les Echos.

Le Comité économique des produits de santé (CEPS), chargé de la régulation des prix des médicaments remboursables, a décidé de porter le prix des génériques à 45% de celui des molécules originales ("princeps") mises sur le marché sous une marque commerciale, contre 50% actuellement, a précisé son président Noël Renaudin.

Source AFP

tintin 13/09/2008 14:23

"ce qui est plus intéressant, ce sont les enquêtes qui montrent que les femmes (médecins, administratifs, infirmières,aides-soignantes) qui défendent le maintien de la maternité où elles travaillent vont elles-mêmes accoucher ailleurs... "

vous pouvez donner des références de ces enquêtes ?

"Merci de ces longs développements, si longs et si confus qu'ils ne seront pas lus. "

Toujours du dénigrement systématique, décidement vous ne changerez pas

sommaire 12/09/2008 17:04

Merci à Elie Arié pour cet article et son souci pédagogique d'expliquer tout cela. Je ne connais pas ces questions mais ayant été au cabinet de Claude Evin en 1988/91 sur d'autres sujets elle me sont quand même un peu familières et moi aussi je souhaiterais que la gauche dans l'opposition soit cohérente avec ce qu'elle ferait si elle était aux affaires...
Jean-Claude SOMMAIRE

Elie Arié 12/09/2008 15:20

@ tintin: je n'ai jamais dit que "que la maternité dans une ville moyenne offre obligatoirement des conditions calamiteuses."

Ce qui offre des conditions calamiteuses, c'est:

-le niveau d'équipement en matériel et en personnel,

-le niveau d'activité, parce qu'on ne fait bien que ce que l'on fait souvent; une maternité qui fait moins de 300 accouchements par an, c'est moins d'un accouchement par jour (ce n'est pas propre aux accouchements; le syndicat des cardiologues estime qu'un cardiologue qui ne fait pas au moins 300 coronarographies ou 150 angioplasties par an devrait cesser d'en faire).

Que des mères manifestent parce que leur accouchement s'est bien passé ne veut rien dire: 90 % des accouchements se passent bien; ce qui est plus intéressant, ce sont les enquêtes qui montrent que les femmes (médecins, administratifs, infirmières,aides-soignantes) qui défendent le maintien de la maternité où elles travaillent vont elles-mêmes accoucher ailleurs...

marc d Here 12/09/2008 15:06

Merci de ces longs développements, si longs et si confus qu'ils ne seront pas lus.

tintin 12/09/2008 13:43

Alors pourquoi ces réformes ?

L’objectif des réformes en cours est la concentration sur quelques grands pôles (Quimper, Brest, Lorient, Saint-Brieuc) de la permanence des soins concernant les spécialités telles que l’obstétrique, la chirurgie viscérale et orthopédique, l’anesthésie et l’ORL. Pour Yves Jardin, vice-président pour la région Bretagne de la Coordination nationale des hôpitaux et des maternités de proximité, l’État, par la voie des agences régionales d’hospitalisation (ARH), n’agit que dans le but de faire du chiffre. « Le SROS commence par affirmer que la chirurgie est maintenue en raison de son isolement. Mais le maintien est soumis à conditions et évaluations annuelles. On sait qu’en d’autres lieux les ARH n’hésitent pas à fermer ou à vouloir fermer des hôpitaux aussi lointains ou plus isolés. Et si l’hôpital perd sa chirurgie, il sera ensuite beaucoup plus facile de fermer la maternité en faisant d’une pierre deux coups. » Il ne fait aucun doute que l’isolement n’est pas un argument auquel tiennent les ARH. « L’on voit apparaître l’arbre de la rentabilité, véritable raison de toute cette politique, jusque-là caché par la forêt des arguments de sécurité », estime ce fervent défenseur des services publics.

Lui-même engagé dans la défense de l’hôpital de Douarnenez, Yves Jardin sait à quel point les hôpitaux de proximité représentent un enjeu en termes d’aménagement du territoire. « La remise en cause de ces activités (chirurgie et obstétrique), qui sont actuellement assurées dans des conditions de sécurité tout à fait satisfaisantes, ferait courir un risque sanitaire très important aux habitants du centre-ouest de la Bretagne, notamment pour celles et ceux qui ont des moyens de locomotion limités », estime Christine Corvellec, secrétaire de la section CGT du CH de Carhaix. Un sentiment partagé par les praticiens hospitaliers mais aussi par les médecins libéraux.

un minimum indispensable à la survie

« On pose clairement la question de la solidarité nationale car la disparition de l’hôpital de Carhaix entraînerait des inégalités sociales », précise ainsi le Dr Jean-Marc Le Coidic, de Poullaouen. En effet, quid de l’égalité d’accès aux soins de qualité pour tous ? De plus, lorsqu’un hôpital de proximité disparaît, c’est toute l’offre médicale du territoire qui est remise en cause. Sans structure hospitalière digne de ce nom, comment inciter de jeunes médecins à remplacer ceux qui partent en retraite ? Comme le souligne le Dorcteur Le Coidic, « l’un des problèmes de fond de l’hôpital, c’est son manque d’attractivité pour les praticiens ».

Pour la population, conserver un hôpital, c’est avant tout une question de sécurité. « J’ai accouché de mes trois enfants à la maternité de Carhaix. L’accueil est chaleureux et compétent. » Pour cette usagère, « cette maternité est à sa place ». Au-delà, d’un point de vue symbolique, la maternité représente aussi et surtout la vie. « Une maternité de proximité telle qu’elle existe actuellement à Carhaix est un minimum indispensable à la survie, voire au développement du centre-ouest de la Bretagne », insiste Christine Corvellec.

tintin 12/09/2008 13:25

"ce sont les mêmes élus, de droite comme de gauche, qui manifestent avec leurs écharpes tricolores pour sauvegarder une maternité où ils n’enverraient pas accoucher leur chatte, et qui reconnaissent en petit comité qu'ils n'ont pas le choix à 1/2/3 ans des élections. Et qu'ils envoient leur famille se faire soigner au CHU, parce que leur hosto est une calamité. Ce n'est pas l'idéologie dominante aujourd'hui qui crée l'hôpital à 10 vitesses : il existe depuis longtemps. "

C'est assez réducteur comme raisonnement. Il n'y a pas que les élus avec leurs écharpes tricolores qui manifestent pour sauver leur maternité de proximité. Vous supposez, dans vos propos, que la maternité dans une ville moyenne offre obligatoirement des conditions calamiteuses. Pourquoi vous dîtes çà ? Dans les manifestations à Carhaix, il y avait de nombreuses mères de famille qui ont accouché dans la maternité de Carhaix et qui refusaient qu'elle ferme. Cela n'a pas empêché les "sarko boys" de charger et lancer des grenades lacrymogènes.
Si les conditions étaient mauvaises, ces femmes n'auraient pas manifesté. Si certains hôpitaux ou maternités de proximité sont dans un état que vous décrivez, c'est parce que les gouvernants les laissent mourir en ne mettant pas les moyens qu'il faut. C'est facile ensuite de dire qu'on doit les fermer.

Elie Arié 12/09/2008 12:18

Toutes les études montrent que les concurrences entre assureurs, et même, en Allemagne, entre Caisses de Sécurité Sociale (ce qui a fait supprimer cette expérience)font que l'argent n'est plus consacré à des gains de productivité, mais à la recherche d'assurés "rentables" (jeunes, hauts revenus, en bonne santé).

Je t'envoie sur ta boîte mail un résumé de l'étude la plus complète sur le sujet, trop long pour être posté ici.