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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 20:00

INTERVIEW - L'ex-ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine livre au Figaro.fr une analyse sur la présidence française de l'UE à contre-courant du blocage annoncé et supposé de l'Europe.

Propos recueillis le 1er juillet par Samuel Potier 

LE FIGARO.FR - Nicolas Sarkozy a assuré lundi soir qu'il fallait «changer profondément notre façon de faire l'Europe», qui «inquiète les citoyens européens». Le chef de l'Etat a-t-il trouvé le ton juste ?

Hubert VÉDRINE - Je partage la remarque du président Sarkozy si elle signifie qu'il faut mettre la pédale douce sur l'intégration, qui provoque un rejet croissant dans les peuples. Mais on peut poursuivre la construction européenne - qu'il faut distinguer du terme «intégration» - à travers de nouvelles politiques communes (énergie, environnement) ou des initiatives comme Erasmus et Galileo. Il me semble qu'une certaine vision fédéraliste, présupposant que la Nation est dépassée, est elle-même dépassée. Les peuples ne demandent pas que la Commission joue le rôle d'un gouvernement, même contrôlé par le Parlement européen. Un décalage s'est creusé entre les élites européennes et les populations, comme si on allait faire les Etats-Unis d'Europe. C'est irréel.

Les Etats européens doivent-ils continuer la ratification du Traité de Lisbonne, après le «non» irlandais, les hésitations des Tchèques ou encore le refus mardi de la Pologne de ratifier le traité ?

Ils sont libres de continuer, mais le droit international est très clair : il faut l'unanimité pour passer d'un traité à un autre. Une règle valable depuis le traité de Rome. Les événements auraient été différents si on avait décidé à l'unanimité de ratifier les traités internationaux à la majorité qualifiée. Ce qui voudrait dire que l'Europe est devenue une fédération, ce qu'elle n'est pas. Nous n'avons pas le droit de changer de règle juridique au milieu du processus. Surtout pas de la part de pays européens qui donnent des leçons de droits et de démocratie à tout le monde.

Je pense que depuis une dizaine d'années, on exagère l'importance des traités. Il y a une sorte d'attente magique, fétichiste, comme si ça allait régler les problèmes de façon miraculeuse. D'immenses choses se sont faites dans le passé indépendamment des traités : Mitterrand-Kohl dans les années 80, les gens se souviennent des images, pas du traité de l'époque. Le «non» irlandais ne doit pas être une excuse pour ne rien faire. Il ne plombe pas la présidence française de l'UE.

Vous êtes le dernier ministre des Affaires étrangères à avoir exercé durant une présidence française de l'UE. Qu'attendez-vous de cette présidence version 2008 ?

On en attend trop en général. La présidence française n'a pas de pouvoirs supplémentaires, mais des obligations supplémentaires. Elle doit faire de son mieux pour faire la synthèse entre les positions des 27 pays. Je pense même que ce n'est pas une position très commode pour ses propres intérêts. Première chose à faire : dégonfler les attentes, afin qu'elles deviennent raisonnables, précises. Je trouve que les sujets mis en avant par la présidence française sont réellement importants (changement climatique, immigration, agriculture, défense, ndlr). Mais le plus important pour les citoyens européens reste la défense des intérêts des Européens dans le monde et dans la globalisation.

Fallait-il créer une Union pour la Méditerranée, une sorte de «petite sœur» pour l'UE ?

L'idée d'origine était bonne, les pays du Sud étant très énervés par les méthodes de la Commission. Mais la présentation du projet a été trop grandiloquente et provocatrice. La comparaison avec l'Union européenne a donné le sentiment à des pays comme l'Allemagne que naissait un concurrent de l'UE. Cette présentation a fait beaucoup de tort au projet, d'autant que le soutien des pays du Sud est très ambigu et que l'Italie ou l'Espagne restent flous. Une sorte de coalition des oppositions s'est constituée. Le projet ne réussira pas de façon institutionnelle, mais à travers des projets concrets, comme la dépollution de la Méditerranée.

Etes-vous favorable à la présence du président syrien les 13 et 14 juillet ?

Il faut distinguer deux choses. Dès lors que le président invite tous les Etats européens et méditerranéens pour le sommet de l'Union pour la Méditerranée, il était impossible pour lui d'exclure la Syrie. En revanche, on peut s'interroger sur la pertinence de lier ce sommet du 13 juillet et la fête nationale du 14. J'ai des doutes là-dessus.

Que retenez-vous d'un an de politique étrangère française sous Nicolas Sarkozy ?

En matière de politique étrangère, il a voulu modifier la ligne générale de la Ve République, ce qu'on appelait le «consensus gaullo-mitterrandien». Par sur tous les sujets, mais par exemple sur les rapports avec les Etats-Unis, la question de l'Otan et du Proche-Orient.

Quel regard portez-vous sur l'action de Bernard Kouchner ?

C'est un ami de longue date. Mais je ne porte jamais d'appréciation globale sur l'action de mes successeurs. Je suis bien placé pour savoir à quel point c'est compliqué.

Il y a un an, vous étiez approché par Nicolas Sarkozy pour le Quai d'Orsay en tant que ministre d'ouverture… Quels sont vos rapports aujourd'hui avec le président de la République ?

Sympathiques et cordiaux. J'ai gardé le contact. Je l'ai revu quelque fois à sa demande ou à la mienne. Je garde ma liberté, je ne regrette pas du tout mes choix aujourd'hui. Je n'ai pas changé de famille politique. Je suis un homme de dialogue, je ne suis pas dogmatique, je ne cherche pas l'affrontement. J'avais d'ailleurs l'an dernier mené une réflexion, à la demande du président, sur la France dans la mondialisation, qui comportait tout un volet sur la politique étrangère.

Que pensez-vous de la campagne présidentielle américaine qui monte progressivement en puissance ?

Il faut se garder de tirer des conclusions prématurées. Nous ne sommes que début juillet, il peut se passer bien des péripéties d'ici le mois de novembre. Le monde entier, à deux ou trois pays près, sera soulagé du départ de l'administration Bush qui a globalement échoué. Si McCain l'emporte, il y aura déjà un sentiment de soulagement et de renouveau, car ils penseront que c'est un Républicain dur qui défend des intérêts nationaux d'une manière normale. Si c'est Obama, une sorte de choc mondial se produira, à cause de son parcours, de sa famille. Une grande partie du monde le prendra pour un président du monde, le premier, de par son parcours, capable de comprendre autre chose que les Etats-Unis. Mais il sera avant tout président des Etats-Unis. Avec cette élection, les Etats-Unis disposent d'une occasion extraordinaire de modifier complètement leur image dans le monde.

Le Figaro.fr. Le 01 07 08

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Published by Hubert Védrine. Interview par Samuel Potier pour Le Figaro.fr - dans Europe
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marc d Here 30/01/2009 17:33

Les Irlandais sont dorénavant en majorité favorables au traité européen de Lisbonne, qu'ils avaient rejeté lors d'un référendum en juin dernier, la crise économique ayant provoqué un revirement total d'opinion, révèle un sondage rendu public aujourd'hui.

Selon une enquête d'opinion réalisée par l'institut "Lansdowne Market Research", 58% des personnes interrogées sont "totalement d'accord" ou "d'accord" avec l'hypothèse selon laquelle l'Irlande votera "oui" lors du prochain référendum sur le traité. 29% "désapprouvent totalement" ou "désapprouvent". 12% sont sans opinion.

Lors d'un référendum organisé le 12 juin 2008, les Irlandais avaient rejeté à 53% le traité de Lisbonne, qui réforme les institutions de l'Union européenne. Le gouvernement irlandais a accepté d'organiser un second vote, à une date non encore précisée, après avoir notamment obtenu la garantie de conserver un commissaire européen irlandais.

"L'actuelle récession semble avoir apporté un nouvel éclairage à l'Europe et à notre place au sein de l'UE. Largement plus de la moitié de la population est inquiète de voir l'Irlande perdre son statut en Europe", a expliqué l'institut dans un communiqué,
évoquant un "séisme" dans l'opinion.

AFP

marc d Here 02/07/2008 23:00

e chef de la diplomatie britannique David Miliband a appelé mercredi à soutenir les propositions du président français Nicolas Sarkozy en faveur d'une relance de l'Europe de la défense, afin que l'UE ne soit plus obligée d'attendre "impuissante" l'intervention des Etats-Unis ou de l'Otan.
 
Rappelant qu'une défense européenne n'était en rien une "menace" contre l'Alliance atlantique, M. Miliband a salué mercredi soir "la proposition du président Sarkozy de voir la France réintégrer la structure militaire de l'Otan". Il a également "soutenu son appel à voir l'UE jouer un rôle plus important dans la gestion des crises".

Jacques Heurtault 02/07/2008 22:58

Ces deux idées sont très insuffisantes ... Il faut une véritable campagne de pédagogie de l'Europe qui, trop souvent, sert d'exutoire. La méthode est inadmissible et scandaleuse!

marc d Here 01/07/2008 22:08

Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il avait décidé en accord avec la commission européenne de mettre en oeuvre deux "actions concrètes" pendant la présidence française de l'UE: un plan européen de lutte contre la maladie d'Alzheimer et un "Erasmus" pour la mobilité des jeunes apprentis.