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Société

Vendredi 6 novembre 2009 5 06 /11 /Nov /2009 17:56


Quelques réflexions à propos de la création d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement


 
Par Jean-Claude SOMMAIRE, ancien Secrétaire
général du Haut Conseil à l’intégration (été 2007)


texte écrit à l'été 2007 

                   

Deux questions de fond  me sembleraient intéressantes à débattre, posément et tranquillement, à propos de la création de ce Ministère, dans l’esprit de ce que certains appellent « l’éthique de la discussion ».

 

La première pourrait  se rapporter au lien à reconnaître, ou non, entre immigration et identité  nationale, et la seconde à la légitimité, éthique et morale, d’un Ministère ayant à intervenir sur ces deux thèmes ainsi associés.

 

Un lien entre immigration et identité nationale ?

 

Tant sur un plan conceptuel que  sur un plan pratique et de bon sens, il me semble  difficile de pouvoir dire, qu’aujourd’hui, il n’existerait aucun lien entre immigration et identité nationale même si, évidemment, la question de l’identité nationale ne saurait se réduire à la seule question de l’immigration.

 

Il faut d’abord rappeler qu’en référence à la Révolution, la conception française de la Nation repose sur le principe de l’adhésion individuelle des citoyens aux  valeurs républicaines (le célèbre «  plébiscite » de Renan renouvelé chaque jour) et non sur l’appartenance à un groupe d’origine ethniquement défini, à la différence, par exemple, de la nation allemande.

 

En application de ce principe,  la Nation française a toujours été présentée comme  une construction politique  qui s’est enrichie d’apports migratoires successifs (rappelons qu’un  français sur quatre a un grand-parent issu de l’immigration) en prenant largement appui sur une école publique républicaine qui, depuis la fin du  XIX ème siècle,  a permis, avec succès, une « francisation » rapide des descendants de ces immigrés et  leur plein accès à la  citoyenneté.

 

L’une des  difficultés de la période actuelle est que ce « modèle français d’intégration », historiquement assimilationniste, qui   conduisait les enfants de migrants à devoir oublier leurs origines culturelles pour se fondre, individuellement, dans la communauté des citoyens, ne fonctionne plus aussi bien que par le passé. En effet les jeunes générations issues de l’immigration la plus récente, au lieu de devenir des « français à part entière », deviennent trop souvent des « français entièrement à part » assignés à résidence dans des quartiers en cours de ghettoïsation.

 

Les émeutes urbaines  qui ont eu lieu dans ces quartiers à  l’automne 2005 trouvent sans doute, pour partie, leur origine dans les contradictions d’un modèle qui conjugue maintenant dangereusement, notamment pour nos jeunes compatriotes issus de l’immigration coloniale, une mauvaise intégration économique et sociale  associée à la  non reconnaissance de la singularité de leurs racines culturelles et familiales. Dans ces conditions l’adhésion de ces jeunes  aux valeurs communes  devient plus problématique et peut  expliquer le développement de la délinquance et des violences urbaines ainsi que les   diverses formes de replis communautaires qui sont  observées dans ces lieux de relégation.

 

Cette grave  crise de l’intégration que nous connaissons ne doit toutefois  pas nous conduire, par commodité ou par paresse intellectuelle, à ne plus vouloir voir le lien, incontestable, qui continue à exister entre immigration et identité nationale. On ne peut pas  renier aujourd’hui ce dont on s’est félicité hier. Les enrichissements anciens de notre identité nationale par les  Pablo Picasso, Yves Montand, etc., et, plus globalement, par  tous les travailleurs immigrés qui ont contribué à notre développement économique ont simplement fait place, maintenant, à de nouveaux apports, plus divers et d’origine plus lointaine, qui, eux aussi, vont influencer notre identité collective.

 

Dans de nombreux quartiers de multiples signes témoignent, dans l’espace public, des modifications en cours de notre environnement du fait d’une immigration maintenant majoritairement extra européenne et à dominante musulmane. (développement de commerces ethniques, création de lieux de culte musulmans, port du voile islamique, etc.).Ces évolutions qui ne sont pas anodines alimentent un légitime  sentiment  de dépossession identitaire chez nos concitoyens« français de souche » qui y habitent depuis longtemps (« on n’est plus chez nous »), notamment chez ceux qui n’ont  pas la possibilité matérielle d’aller vivre ailleurs.

 

Cette double désespérance, identitaire et sociale, de certains  de nos compatriotes les plus anciens, par ailleurs confrontés au quotidien à la petite délinquance ethnique, et de  certains de nos jeunes compatriotes les plus récents, en manque de reconnaissance sociale,  alimente, depuis 20 ans, le développement parallèle du Front national et du communautarisme islamique (voir sur ce dernier point le très intéressant rapport de l’inspecteur général Obin sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse à l’école). Cette situation, préoccupante et lourde de dangers pour l’avenir de notre « vivre ensemble » ne peut pas être ignorée.

 

La création d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement par le Président de la République récemment élu n’est peut-être pas la bonne réponse à apporter à la crise de l’intégration que nous connaissons actuellement mais  on ne peut pas méconnaître, pour autant, la réalité des problèmes qui se posent aujourd’hui à notre pays et qui fragilisent notre cohésion sociale.

 

Il serait notamment utile de réfléchir sereinement à ce qu’il conviendrait de faire pour  que l’immigration qui, hier, enrichissait et confortait  notre identité nationale ne contribue pas, demain, à la fragiliser. Notre identité collective ne pourra pas être, dans le futur, ce qu’elle a été dans le passé mais il y a matière à s’inquiéter quand on voit se développer, dans notre pays, une fracture sociale qui devient de plus en plus une fracture urbaine, ethnique, culturelle et confessionnelle. Une telle situation peut nourrir ce que Amin Maalouf appelle des « identités meurtrières » qui se construisent et se développent en recherchant l’affirmation de soi par la négation des autres. Cela mérite réflexions et débats.

 

La légitimité, éthique et morale, d’un Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement ?

 

Tout a été dit sur ce que pouvait, symboliquement,  représenter la création d’un «Ministère» chargé à la fois de l’immigration et de l’identité nationale et beaucoup des arguments présentés ne plaident pas en faveur de cette initiative. Une appellation politiquement plus neutre et moins ambiguë aurait été plus opportune, par exemple « Ministère de la population, de l’immigration, de l’intégration et du codéveloppement ». Cette dénomination, du fait de l’existence, depuis longtemps, d’une « Direction de la population et des migrations », traditionnellement rattachée au Ministère chargé des affaires sociales, aurait suscité moins de critiques.

 

Cependant reste posée la question de fond, qu’on ne peut pas évacuer, de la légitimité, éthique et morale, d’un Etat démocratique à se préoccuper de l’avenir de son peuplement au plan ethnique, culturel et religieux. Est-il illégitime de s’interroger sur les conséquences pour notre pays d’une immigration désordonnée, à dominante familiale et musulmane, très largement originaire du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne? D’autres pays démocratiques, respectueux des droits de l’homme, se sont- ils autorisé à avoir ce type de débat ? Certains de ces pays ont-ils pris des mesures pour orienter leur immigration en fonction de ces critères ? La France devrait-elle et pourrait-elle faire quelque chose dans ce domaine ? Est-ce à l’Europe de se saisir de ce sujet?

 

Il semble difficile, aujourd’hui, dans le contexte de la crise de l’intégration que nous connaissons, de  faire l’impasse sur ces questions. Polémiquer sur la réponse apportée par le Président de la République nouvellement élu, aussi discutable puisse-t-elle être, en oubliant les réalités de terrain ne relève pas de l’éthique de la responsabilité. Ne pourrait on parvenir, dans notre pays, sur des questions de société aussi délicates, à dire les choses sans excès mais aussi sans faux semblant ? Avant de se déchirer sur des principes ne pourrait-on pas, d’abord, essayer de  se retrouver sur un diagnostic partagé des problèmes que nous avons à résoudre?

 

Cela n’a peut-être  pas été remarqué mais nos voisins italiens, dans un contexte très différent du nôtre, l’Italie étant un pays d’immigration récente encore peu confronté aux problématiques de rapprochement familial, ont largement freiné leur immigration africaine pour y substituer une immigration roumaine et ukrainienne. Le Danemark, il y a quelques années, sous un gouvernement social démocrate me semble-t-il, c’est interrogé sur ce que serait la composition ethnique de sa population dans quelques décennies. Les pays de l’Europe du nord qui, au contraire de la France, se sont largement ouverts à l’immigration de travail des nouveaux membres de l’Union européenne n’ont-ils pas aussi, pour certains, cherché à rééquilibrer leur immigration ?

 

Surtout, le Canada, et notamment le Québec, qui ont des politiques très volontaristes de peuplement par l’immigration, ont décidé, il y a déjà longtemps, d’éviter qu’un groupe ethnico- culturel ne devienne trop important. A cet effet des bureaux  de recrutement installés dans différentes régions du monde veillent à maintenir un équilibre entre les sources de recrutement mais, à  certains moments, des mesures dissuasives ont été prises pour freiner un flux particulier, notamment l’immigration chinoise.

 

En France dans son récent ouvrage « Le temps des immigrés », François Héran, directeur de l’INED, expose, à juste titre, que l’immigration est un phénomène inéluctable appelé à devenir le principal  facteur de croissance de notre population et que le brassage de ces populations nouvelles dans la société française est devenu un défi majeur à relever au même titre que celui du vieillissement. Ce démographe de référence, qui ne prend toutefois pas en compte les difficultés actuelles de l’intégration, écarte l’irréalisme de l’immigration zéro et évoque des hypothèses allant de « l’infusion durable » à « l’intrusion massive ».

 

Cette réflexion devrait être poursuivie au regard des difficultés d’intégration que nous connaissons actuellement car si François Héran évoque, à échéance de quelques dizaines d’années, une société française plus colorée se rapprochant progressivement du « modèle réunionnais », lequel est une authentique réussite multiculturelle sur un fond d’assistanat, il serait peut être plus réaliste de se projeter dans une France développant le « modèle neuf trois ». Quel est le niveau souhaitable de développement, pour notre pays, de ce « modèle neuf trois » : l’infusion durable ou l’intrusion massive? De quelle réelle  marge de manœuvre disposons nous dans ce domaine ? Peut-on le  faire évoluer vers un modèle de type réunionnais avec  moins de discriminations, moins d’assistanat, moins de délinquance, plus de reconnaissance des cultures et des identités ? Il faudrait aussi pouvoir débattre de ces questions.

 

Evidemment l’une des difficultés à l’ouverture d’un tel débat est  que les marges de manœuvre dont nous disposons pour réguler les flux sont assez limitées, sauf à remettre en cause des droits fondamentaux garantis au plan national et au plan européen. Aujourd’hui l’essentiel de notre immigration légale est très majoritairement à dominante familiale, par le biais du regroupement familial à proprement parler (un étranger résident en France fait venir son conjoint et ses enfants) mais, de plus en plus, par le biais des mariages « mixtes » (un français d’origine étrangère, vivant en France, épouse un conjoint étranger de même origine, vivant à l’étranger).En tant que pays d’immigration ancien nous avons ainsi à gérer un phénomène d’accroissement continu des communautés présentes sur notre sol à partir des pays d’origine. De plus, dans ce dernier cas, aucune condition de maîtrise du français, de ressources et de logement ne sont exigées ce qui ne facilite pas l’intégration des nouveaux arrivants et les rend très dépendants des dispositifs d’aide sociale.

 

Sans doute cherche-t-on actuellement, à juste titre, à mieux encadrer le regroupement familial et à mieux contrer les mariages de complaisance mais il semble bien difficile de pouvoir réduire ainsi, de façon réellement significative, ce qui a été appelée, un peu à tort, l’immigration « subie » (rappelons quand même que celle-ci résulte de l’application de textes juridiques que nous nous sommes librement donnés  en cohérence avec nos principes démocratiques). L’immigration « choisie »  qui va être développée, pour d’excellentes raisons dont il aurait été sans doute  utile de mieux débattre, s’ajoutera à l’immigration « subie » mais ne s’y substituera pas.

 

Le seul domaine dans lequel un discours de fermeture et des mesures restrictives (encadrement renforcé du droit d’asile, régularisations plus difficiles, etc.) peuvent avoir un certain effet est peut-être celui de l’immigration irrégulière, celle-ci étant susceptible de se déplacer, partiellement, vers des pays plus accueillants. Toutefois le risque de voir s’accroître encore le nombre des « sans papiers », qui pèsent déjà très lourdement sur tous nos dispositifs sociaux d’aide et d’accueil, est aussi très réel. Cela pourrait être le cas avec les nombreux étrangers qui  entrent régulièrement en France, avec un visa, pour voir un de leurs proches parents installé dans notre pays, mais qui ne repartent pas à l’expiration de celui-ci, si toutes perspectives de régularisation leur sont désormais interdites.

 

Bien entendu le codéveloppement ouvre des pistes intéressantes pour contenir les flux africains mais, en termes quantitatifs, il risque de demeurer encore longtemps à un niveau très modeste par rapport aux enjeux en cause. Le grand partenariat euro-africain, autour de la Méditerranée, proposé par le Président de la République peut ouvrir, à terme, d’autres perspectives plus ambitieuses mais il faudrait alors qu’il ne se limite pas aux pays de l’Europe du sud et qu’il soit étendu à l’Afrique sub-saharienne.

Jean-Claude SOMMAIRE

Par Jean-claude SOMMAIRE - Communauté : Démocrates et solidaires - Voir les 2 commentaires - Publié dans : Société
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Jeudi 5 novembre 2009 4 05 /11 /Nov /2009 11:04

Par Gilles Casanova pour La Gauche Moderne
...


Lorsqu’il y a 25 ans, surgissait électoralement, à l’occasion des européennes, le
Front National, qui s’était illustré localement l’année précédente à Dreux, comment ne pas percevoir que c’était la question de l’identité nationale française, qui, parce qu’elle avait été trop longtemps oubliée, surgissait sous une forme exacerbée par les difficultés économiques du moment, et allait nourrir un discours populiste d’extrême droite.

La gauche, comme la droite, ont choisi à ce moment là de condamner le Front National, mais sans répondre à cette question qui avait fait renaitre l’extrême droite française de ses cendres. Le vocabulaire de la nation, comme son drapeau ont vite étés abandonnés à Jean-Marie le Pen, sans débat, sans combat, par beaucoup de responsables politiques qui craignaient, plus que tout d’être dénoncés comme « ringards » ou « France-moisie » par les médias dominants de l’époque. Ils ont choisi le seul terrain de l’antiracisme pour contrer la progression de l’extrême droite, avec l’insuccès que l’on sait.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, c’est parce qu’il a osé poser cette question, dans la campagne présidentielle, sans détour, que Nicolas Sarkozy a fait reculer massivement le vote en faveur du Front National.

C’est dans cette situation nouvelle que, conformément à l’intitulé de ses fonctions, Éric Besson lance ce grand débat national.

Ceux qui osent accuser la majorité de faire une diversion politicienne avant les élections régionales devraient avoir honte d’eux-mêmes. Quel meilleur moment pour avoir un débat si important, et qui a miné la vie politique de notre pays pendant 25 ans, faute d’avoir eu lieu, qu’avant les élections ? Si on veut faire un vrai débat, et pas un simulacre, alors il faut le faire, tout naturellement, à ce moment là, qui est celui où les Français s’intéressent le plus à la politique. Et quelles leçons devrait-on recevoir de ceux qui n’ont jamais voulu ou jamais su lancer ce débat, pendant les nombreuses années où ils étaient au gouvernement du pays…

Ce débat, auquel La Gauche Moderne prendra toute sa part, doit sortir de la forme manichéenne et excessive qu’il a pris faut d’être mené.

·        D’un côté, on trouve une vision restrictive de l’identité française, passéiste. Une vision qui sert d’abord à exclure, sous prétexte de préserver la Nation. Dans le slogan, « la France, aimez-là ou quittez-là », on sent bien que c’est la seconde proposition qui a la faveur de l’auteur. Il s’agit là d’une vision ancienne de la France, fondée au temps du colonialisme, lorsque les nations européennes avaient le sentiment d’apporter La civilisation à des barbares de par le monde. Elle sous-tend une vision de l’assimilation des nouveaux arrivants – qui pour la plupart viennent de territoires qui furent nos anciennes colonies – qui ne correspond plus à l’état de la planète. C’est l’assimilation par contrition, devant la grandeur de la France, et la reconnaissance de l’œuvre civilisatrice universelle de la colonisation, qui es là proposée. Chercher à imposer cela aux enfants et aux petits enfants des combattants de l’indépendance algérienne, par exemple, c’est être certain de créer sur notre sol rancœur et désamour à l’égard de la Nation, chez des femmes et des hommes, souvent jeunes, qui n’ont pas eu et n’auront pas d’autre patrie que celle qui est inscrite sur leur carte d’identité : la France. C’est s’assurer qu’immigration rimera durablement avec délinquance, spécialement dans la jeunesse.

·        De l’autre côté, de beaux esprits, souvent intellectuels protégés du monde et de ses dures réalités, se sont plus à prendre le strict contrepied de cette position. La France coupable de tant de siècles de colonisation « doit payer ses dettes de sang ». Comment ? Les arrières petits enfants des colonisateurs – que nous sommes collectivement – doivent accepter tout ce qui plaira au dernier arrivant venu. On devra accueillir tous ceux qui le souhaitent sans aucun contrôle, et les faire bénéficier de nos régimes sociaux très favorables. Tous les droits pour les « enfants des victimes de la colonisation », aucun devoir, en retour leurs aïeux ayant déjà donné… Voilà pour la version d’extrême gauche. Une version plus modérée, mais dans le même esprit, est répandue chez nombre de responsables socialistes. Il ne s’agirait plus pour la France, d’assimiler, comme elle l’a fait pendant des siècles, des populations venues d’ailleurs pour faire, avec elles – à égalité de droit et de devoirs entre les anciens et les nouveaux arrivants – une culture française collective et contribuer à un Génie national propre. Au contraire, la France devrait devenir une nation multiculturelle, dans laquelle les arrivants et leurs descendants pourraient vivre dans leur propre culture – à côté de la culture française d’origine – une vie rythmée par les programmes des chaines satellites du pays d’origine de leurs anciens. À la société française d’aplanir d’éventuelles difficultés, liées au plein exercice de leurs coutumes ou cultes parfois exigeants. Cette société désarticulée, qui est bien souvent celle qui prévaut dans les banlieues de nombre de grandes villes, il n’est pas besoin de grands efforts pour la généraliser au pays tout entier, mais quel avenir aurait-elle. Le chaudron ainsi créé, éclaterait vite…

Dans les deux cas, ce qui frappe, c’est le renoncement à la France.

·        On ne fera pas la France de demain en imposant à ceux qui la rejoignent de renier leur culture ou leur passé. On ne leur imposera pas de relire l’histoire du seul point de vue des colonisateurs notamment. Ceux qui proclament cela ont déjà renoncé, il n’est qu’à lire le fait que, bien souvent, ils présentent la France comme envahie, voire asservie par les étrangers. Il n’y a pas d’espoir dans cette voie

·        On ne fera pas plus la France de demain en l’abaissant, comme si elle n’avait plus la force de parler à d’autres civilisations, comme si elle n’avait plus rien à dire au monde, ni même à ceux qui la rejoignent venant de tant de régions différentes.

La voie que nous proposons ne renonce pas à l’assimilation, mais au sens plein du terme. C’est d’une double assimilation qu’il s’agit, et c’est cela qui a « fait France » pendant tant de siècles. Jusqu’au milieu du XX° siècle, la France a su assimiler l’apport culturel et civilisationnel que portaient avec eux les nouveaux arrivants, et leur faire bénéficier en retour de ce génie spécifique qui ne s’est jamais dissout dans un pays ou la nationalité n’a jamais été liées à la couleur de la peau, ni la religion, ni l’origine, mais à la volonté de vivre ensemble.

Il faut retrouver cette dynamique que les difficultés de la décolonisation ont un temps interrompue. Il faut retrouver la force de montrer aux jeunes générations issues de l’immigration quel avenir prometteur la France peut leur proposer si ils jouent le jeu de la construire pleinement, sans renoncer en rien à leur histoire, à leur origine, ou leur religion, ce que la France n’a jamais demandé à personne. Il faut retrouver la force de montrer aux anciens combien cette jeunesse va contribuer, elle aussi, à faire de la France un pays moderne capable de garder son haut niveau de solidarité et de protection sociale.

Ce sont, notamment, les initiatives et les mesures pratiques qui permettront d’aller dans ce sens que La Gauche Moderne défendra au sein de la majorité présidentielle, comme elle les expliquera dans le cadre du débat d’ensemble qui s’engage.

Gilles Casanova
La Gauche Moderne 

Par Gilles Casanova, La Gauche Moderne - Communauté : Démocrates et solidaires - Voir les 10 commentaires - Publié dans : Société
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /Nov /2009 20:53

Le Figaro du 27 10
 
  • EDITO - «Alors que l'immigration a profondément changé  la physionomie de la France, que la mondialisation est un fait, s'interroger sur l'identité nationale n'est pas saugrenu». Par Paul-Henri du Limbert.

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Demandez à un homme de gauche de vous parler des valeurs de la République, il sera intarissable et souvent émouvant. Dites-lui que tout cela forme l'identité  d'un peuple, il commencera à vous regarder de travers. Et ajoutez que cette « identité nationale » est la grandeur de la France, il vous tournera le dos.


Nicolas Sarkozy connaît par cœur la gauche française, ses tabous et ses contradictions. Et c'est bien pourquoi il lance aujourd'hui, par l'intermédiaire d'un ancien responsable PS, Éric Besson, ce grand débat sur l'identité nationale. Le PS n'a que des coups à prendre.

Pourtant, s'ils n'avaient pas peur de leur ombre, les socialistes pourraient se saisir de ce débat d'une façon volontariste et en profiter pour remettre leurs idées au clair. Au lieu de dire, comme Vincent Peillon, que la burqa «ne menace pas» l'identité du pays alors que chacun est persuadé du contraire, ils pourraient s'interroger sur les dérives du communautarisme, qui jour après jour ronge la chère «République une et indivisible». Il est arrivé souvent à Jean-Pierre Chevènement de tempêter contre cette gauche oublieuse de son histoire et de son corps de doctrine, mais ce fut en vain. Il y a vingt-cinq ans, alors ministre de l'Éducation, il avait suggéré que l'on chante La Marseillaise à l'école. Ses camarades d'alors lui avaient conseillé de calmer ses ardeurs républicaines.


Un quart de siècle plus tard, alors que l'immigration a profondément changé la physionomie de la France, que la mondialisation est un fait, s'interroger sur l'identité nationale n'est pas saugrenu. C'est, par exemple, ce qui anime le maire PCF de Vénissieux, André Gerin, quand il lance le débat sur l'interdiction de la burqa. Il explique fréquemment que dans sa commune on parle et pratique toutes les langues et toutes les religions du monde, et que si on ne définit pas quelques valeurs communes, on court à la catastrophe. On connaît beaucoup de maires socialistes, de petites ou de grandes villes, qui en privé disent la même chose mais se taisent en public « pour ne pas faire le jeu du Front national ». Cette politique de l'autruche leur a valu le cuisant 21 avril 2002 et la défiance de la classe ouvrière.


À cinq mois des régionales, il y a bien sûr dans le lancement de ce débat une part de tactique. Quand Mitterrand, avant chaque élection, évoquait le droit de vote pour les immigrés dans le but de favoriser le vote FN et d'affaiblir la droite, on criait au génie politique. Nicolas Sarkozy n'est pas obligé d'être moins habile que son prédécesseur.

P. H. du Limbert
Le Figaro
Article déjà publié sur http://lgm.paysdelaloire.over-blog.com
 

Par P.H. du Limbert, Le Figaro - Communauté : Réformer la France - Voir les 0 commentaires - Publié dans : Société
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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 19:17

Par Simon-Pierre Trezeguet
...


Le surendettement est une plaie sociale, qui frappe d’abord les plus fragiles.  Ce constat est largement partagé, les mesures pour lutter contre ce phénomène connues.  Pourtant, grâce à un lobbying efficace des bénéficiaires de ces pratiques (organismes de crédit à la consommation, grandes surfaces, etc.), rien ne bouge.  Une discussion au Parlement est prévue pour cet hiver à ce sujet.  Il ne s’agit pas ici de stigmatiser tel organisme financier, ni même d’interdire tel type de crédit (revolving).  Il s’agit uniquement de proposer la mise en place des mécanismes qui permettent d’éviter que des ménages se retrouvent surendettés, souvent sans que cela soit lié à un manque de revenus.

 

Quelles mesures prendre ?

1/ Mettre en place le fichier positif.  Aujourd’hui, la France dispose d’un fichier négatif, c’est-à-dire listant les ménages présentant des incidents de paiement.  Le fichier positif, qui a été mis en place avec succès en Belgique (réduction drastique du nombre de surendettés), consiste à tenir un fichier de tous les crédits contractés par les ménages, l’objectif étant que les organismes de financement n’accordent pas de nouveau crédit aux ménages déjà lourdement endettés (seuil à définir : 40% du revenu disponible ?).  Bien sûr, des garde-fous s'imposent pour qu'un tel fichier ne soit pas exploité commercialement (la Belgique a trouvé les parades, inspirons-nous en).

 

2/ Abaisser le taux de l’usure à 10-12% (taux interbancaire plus 10% ?).  Cela limitera mécaniquement les taux des crédits court-terme, qui atteignent souvent plus de 16% aujourd'hui, et abaissera le niveau de risque que les organismes financiers sont prêts à prendre.

 

3/ Impliquer le Trésor Public : les amendes ou impôts non-payés finissent par représenter des montants très importants.  Cela aggrave la difficulté des ménages fragiles.  Le Trésor Public accepte souvent un échelonnement du paiement, parfois même l’impose par le biais d’une saisie sur salaire, mais accepte rarement d’effacer les pénalités de retard.  Quand on gagne le SMIC, un paiement de 90 euros représente un gros montant.  Sauf à effectuer des démarches, compliquées quand on travaille, le paiement est exigé en une fois.  Sans doute faut-il prévoir un paiement en 6 fois sans frais pour toutes les amendes.

 

4/ Limiter la vente couplée produit/crédit et clarifier les engagements des cartes Magasin de fidélité et de paiement.  Aménagement de la maison, loisirs : de nombreux commerces s’appuient sur des mensualités très faibles pour vendre leurs produits.  C’est l’accumulation de ces petits crédits qui souvent crée les conditions du surendettement.  De même, les cartes Magasin sont souvent des crédits revolving déguisés.  Il convient de réfléchir à mieux séparer vente du produit et financement, et à mieux informer les consommateurs des services qu’ils achètent.

 

En conclusion, quelques pistes simples à mettre en oeuvre existent.  D'autrres pays se sont déjà emparés de ce sujet, avec réussite.  Exhortons nos députés à agir dans le sens de l'intérêt général ! Lutter contre le surendettement, c'est oeuvrer à la cohésion sociale...

Simon-Pierre Trezeguet
Article publié sur le blog La gauche Moderne Haute Normandie

Par Simon-Pierre Trezeguet - Communauté : Les Sociaux libéraux - Voir les 1 commentaires - Publié dans : Société
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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /Oct /2009 11:57


Sous le patronage d'IES, Initiative Européenne et Sociale

 

Les Amis de "La Gauche Moderne" - Paris

 

vous convient le lundi 5 octobre 2009

à une conférence-débat

 

"La laïcité en 2009 : tour d'horizon d'actualité"

 

avec Guy ARCIZET, Antoine SFEIR, Eric FERRAND

et le témoignage de KARIMA (Insoumise et dévoilée, éditions Luc Pire, 2009)

 

 à 20 heures (précises), au cinéma l'Entrepôt, 7 rue Francis de Préssensé, 75014 Paris .

Métro Pernety

RSVP - amis.lgm@gmail.com

 

Par Amis de La Gauche Moderne et IES - Communauté : Centre Gauche - Voir les 7 commentaires - Publié dans : Société
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PRESENTATION

 

Marc d'HERE 

 

Contact: ies1@hotmail.fr

 

 Militant socialiste (rocardien) depuis 1974, j’ai  accompagné en 1999 Jean-Marie Bockel, lorsqu’il a créé  le club politique  social libéral « Gauche Moderne ». J’en ai été le  secrétaire général jusqu’en 2006..

 

Engagé dans la défense du Traité Constitutionnel Européen, je propose à Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Gérard Collomb et Daniel Cohn-Bendit de créer le « Comité de la Gauche pour le Oui » et j’en assure  l’organisation et le développement.

 

J'ai quitté le parti socialiste après le congrès du Mans (2005), ne pouvant accepter l’irréalisme et la démagogie des choix politiques effectués, et refusant une « synthèse » synonyme de confusion.  Ayant soutenu Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle, parce qu’il m’apparaissait le plus apte à réaliser les réformes et les changements profonds dont notre pays a besoin,  j’ai choisi de m’inscrire dans  la majorité présidentielle et j'ai adhéré à  La  Gauche Moderne. Aujourd'hui je suis animateur du  club politique le "Cercle des Libertés Egales" qui soutient la politique de réformes et la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. 

 

J'ai publié  fin 2007« de Rocard à Sarkozy. Itinéraire d’un social libéral » éditions Christophe Chomant.

En février 2010, "Plus belle la gauche" avec Gilles Casanova aux éditions de Passy

En  mai 2011 "La déclaration du Président",  encore aux éditions de Passy

 

 

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