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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 08:34

Laurent Bouvet : «Hollande doit dissoudre l'Assemblée ou organiser un référendum»

Publié le 27/05/2016 FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN -

François Hollande joue dans la crise actuelle non seulement le bilan de son quinquennat mais aussi la trace qu'il laissera dans l'histoire de la gauche et, du pays, estime Laurent Bouvet.

LE FIGARO. - Raffineries, centrales nucléaires, SNCF, RATP, aviation civile… L'opposition à la loi El Khomri se durcit. Ni le gouvernement, ni la CGT ne veulent céder. Que cela vous inspire-t-il?

Laurent BOUVET. - Cela m'inspire, comme à nombre de nos concitoyens, une grande lassitude, voire un certain agacement, face à la manière dont se déroule le dialogue social et, au-delà, le débat public, dans notre pays. Les conditions mêmes dans lesquelles ce projet de réforme du code du travail, pour légitime qu'il soit, a été élaboré et proposé étaient viciées. Il est arrivé beaucoup trop tard dans le quinquennat - il aurait dû être présenté dès le début du mandat de François Hollande en s'appuyant sur le capital politique du président élu - et il n'a pas été conçu, au départ, en concertation avec les syndicats réformistes, avec la CFDT notamment. D'où les cafouillages et, finalement, la perte de temps dans la présentation du projet. Le texte actuel, soumis au Parlement, est certes plus modeste et mieux accepté par les syndicats réformistes mais l'opposition à ce qu'il propose (l'inversion de la hiérarchie des normes sociales notamment) a eu le temps de se mobiliser, de s'organiser et de se renforcer. Si bien qu'aujourd'hui, son retrait ou son adoption dont devenus des questions de principe pour les parties en présence. Ce qui est frappant dans le conflit actuel, c'est que l'on est en présence, de tous côtés, d'acteurs minoritaires. Des acteurs, politiques, syndicaux et patronaux, dont la légitimité est finalement assez est faible, chacun dans sa catégorie. Ce qui les conduit, mécaniquement, à radicaliser leur position au-delà du raisonnable pour tenter de se relégitimer aux yeux de leur base étroite. Le gouvernement et le président de la République n'ont pas une majorité suffisante à l'Assemblée nationale, ils doivent donc en passer par le 49.3 pour faire adopter leur projet de loi. Les opposants au texte, dans leur diversité, à droite comme à gauche, ne sont majoritaires ni à l'Assemblée pour faire adopter une motion de censure ni dans la rue pour mobiliser suffisamment de salariés ou pour déclencher une grève suffisamment suivie (comme ce fut le cas en 1995 par exemple) pour faire reculer le gouvernement. La radicalisation récente de la CGT peut ainsi être interprétée comme l'insuffisance de la mobilisation classique jusqu'ici. La CFDT quant à elle n'a pas davantage la puissance nécessaire pour faire accepter chez les salariés la réforme actuelle. Quant au patronat, on sait que le MEDEF ne représente qu'une petite partie des entreprises, les plus grosses, dont les intérêts sont éloignés de ceux des PME. Bref, la situation est bloquée en raison du caractère fragmenté du paysage politique et social, et surtout de l'impossibilité pour chacun des acteurs d'emporter conviction et décision. La crise de la représentation que nous vivons, de manière plus large, apparaît ici dans toute son ampleur. Aucun acteur institutionnel n'est plus en mesure de prétendre représenter «les Français» - ou même ne serait-ce que la droite dans son ensemble ou la gauche toute entière, ni politiquement ni socialement. On est là au coeur de la crise institutionnelle française, en pleine défiance de nos concitoyens à l'égard de leurs élites de toutes sortes.

La CGT a-t-elle une réelle légitimité? Peut-on parler de dictature de la minorité?

La CGT est, comme les autres, un acteur minoritaire dans cette crise. Sa légitimité est limitée par sa faible représentativité dans le monde salarial que l'on considère le taux de syndicalisation ou les résultats des élections professionnelles. La radicalisation de ses modes d'action, en ce moment, est aussi une preuve de sa faiblesse. À la fois parce qu'une telle radicalisation, à travers les blocages notamment, témoigne d'un relatif échec de la mobilisation «classique» des salariés par la grève ou la manifestation, et parce qu'elle renvoie surtout à la nécessité pour la centrale de maintenir l'ensemble du syndicat uni autour de la nouvelle direction. On peut toutefois se demander si l'action de la CGT ou d'autres acteurs, tel que Nuit Debout par exemple, n'est pas légitime au regard de l'opinion. Une opinion majoritairement opposée, si l'on se fie aux sondages, au «projet de loi El Khomri». Ce qui laisse penser qu'il y aurait une sorte de «mobilisation par procuration» comme on a pu parler de «grève par procuration» en 1995. Mais même dans ce cas, il me semble qu'il faut rester très prudent. Il n'est pas certain en effet que l'opinion publique ne soit pas tout autant agacée par les formes radicales de mobilisation - sans même mentionner les débordements violents qu'elles entraînent parfois. Le rejet profond et marqué de l'opinion vis-à-vis du gouvernement et du président n'est pas nécessairement synonyme de soutien à cette radicalisation. La faiblesse et le manque de légitimité de l'ensemble des acteurs jouent ici à plein. Il me semble en revanche tout à fait abusif de parler de «dictature de la minorité». C'est un langage qui est à la fois inadapté à la situation et qui dépasse de loin la réalité de ce qui est à l'œuvre aujourd'hui. Les acteurs du conflit actuel sont, on l'a vu, minoritaires, mais ils n'exercent pas pour autant une quelconque «dictature». Cela n'a pas plus de sens concernant l'usage du 49.3 par le gouvernement que concernant le blocage des raffineries par la CGT. Disons plutôt que chacun utilise les armes dont il dispose dans une situation où il est en difficulté, une situation… de minoritaire précisément. «Ce qui est en jeu , c'est une clarification entre deux formes de syndicalisme avec, bien sûr, la question de celui qui va l'emporter» a déclaré le président de la République.

Est-ce également une clarification entre deux gauches: l'une dite réformiste et l'autre socialiste?

Je ne m'aventurerais pas sur le terrain d'une qualification trop précise des «deux gauches» que vous décrivez. Je me bornerai à constater qu'il y a, après quatre années d'exercice du pouvoir présidentiel par François Hollande, une fracture plus visible qu'avant entre deux parties de la gauche en effet: l'une qui accepte de gouverner au prix de certains renoncements et de certains compromis ; l'autre qui refuse de gouverner autrement qu'à ses propres conditions et dont le discours est très critique de l'action de la première. Je laisse ici délibérément de côté la toute petite minorité de la gauche qui refuse systématiquement tout exercice du pouvoir démocratique en arguant de l'impérieuse nécessité d'un «changement de système» préalable voire d'une révolution. Ce qui est nouveau, ce n'est pas l'existence de plusieurs courants d'idées et plusieurs attitudes vis-à-vis du pouvoir à gauche, c'est le fait qu'aujourd'hui, elles apparaissent comme « irréconciliables » pour reprendre le mot du premier ministre. Comme si elles n'avaient plus rien en commun, plus rien même à discuter ou à négocier du point de vue économique et social notamment. L'exercice du pouvoir, on a pu le constater dès les années 1980, éloigne toujours ces deux morceaux de la gauche que les élections rassemblent en général. Il y a là une forme de mécanique politique. Sauf qu'à chaque éloignement, le rassemblement devient plus difficile ou plus exactement les conditions du rassemblement deviennent plus complexes à réunir la fois suivante. Il faut alors s'employer, des deux côtés, à masquer les différences, à faire comme si elles n'étaient pas ou plus si importantes. Au risque d'une forme d'ambiguïté, de chaque côté. On peut interpréter ce qui s'est passé en 2012 ainsi: Hollande a été ambigu (et si c'est lui qui l'a emporté c'est sans doute qu'il était le meilleur à ce jeu…) en disant à chacun ce qu'il voulait entendre mais la «gauche de la gauche» l'a été aussi en faisant semblant de croire ce que promettait Hollande alors qu'elle le connaissait de longue date puisqu'il a été premier secrétaire du PS pendant plus de 10 ans. Le discours du Bourget en janvier 2012 a été le point de rencontre de ces ambiguïtés. On connaît la suite. La question qui est désormais posée est celle de savoir si «la» gauche, comme entité politique unique, pourra à nouveau se rassembler pour gagner une élection nationale dans le contexte institutionnel actuel. On peut aujourd'hui en douter.

Ces deux gauches sont-elles tout simplement en train de s'entre-tuer?

Si ces deux gauches sont irréconciliables, même face à la droite et au FN, lors des échéances électorales majeures, alors leur mort politique ou du moins leur affaiblissement durable est sûr et certain. On ne peut en effet détacher la question d'une fracture de la gauche de celle du contexte politique d'ensemble dans lequel elle intervient: l'existence d'un FN puissant, rivalisant en termes électoraux avec la droite et la gauche conçues comme des «blocs» homogènes. Dans un tel paysage à trois, toute division d'un des deux blocs classiques peut être fatale à ce bloc. On l'a vu, à gauche, en 2002 à la présidentielle comme lors des élections régionales en 2015 dans le Nord et en PACA. La faible mobilisation de l'électorat de la gauche ayant été à chaque fois un élément déterminant. On comprend bien aujourd'hui que les deux conditions, l'unité, relative au moins, au premier tour (par l'intermédiaire d'une primaire préalable par exemple) et la mobilisation de l'électorat «de gauche», ne sont pas réunies. Et qu'il sera donc difficile, dans de telles conditions, à un quelconque candidat de gauche de se qualifier pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017. La solution alternative d'une candidature qui déborderait suffisamment sur le centre voire la droite pour rassembler suffisamment d'électeurs introuvables sur la gauche paraît elle aussi pour le moment difficile à envisager. Ne serait-ce que parce que la présence du FN conduira aussi à contraindre la droite à une relative unité, notamment en allant chercher au centre - jusqu'au centre-gauche - des électeurs de premier tour.

Vous avez annoncé la fin du PS comme parti d'Epinay...

Oui et depuis un moment même si je ne suis ni le seul ni le premier à le faire, bien évidemment. Il y a un paradoxe de ce point de vue au PS. Ce parti fait encore très souvent référence à François Mitterrand et aux conditions qui ont permis à celui-ci de conquérir le pouvoir présidentiel dans la Vème République. C'est-à-dire à ce que l'on a appelé le «parti d'Epinay» du nom du congrès du PS qui s'est tenu à Epinay-sur-Seine en juin 1971. Celui-là même qui a vu Mitterrand en devenir le premier secrétaire. Un «parti d'Epinay» que l'on peut rapidement caractériser ainsi: une stratégie (faire du PS un parti professionnel capable de gagner la présidentielle dans les institutions de la Vème République) ; une méthode (concurrencer dans son discours le PCF sur son propre terrain idéologique de la rupture avec le capitalisme afin de prendre sa place de premier parti à gauche puis ensuite rassembler toute la gauche afin de s'assurer d'être au second tour de la présidentielle puis de l'emporter) ; et une nécessité sociologique (capter l'essentiel du mouvement général d'aspiration à la liberté et à l'émancipation post-68 qui parcourt notamment les couches sociales nouvelles constituées des jeunes issus du baby boum et de la prospérité économique qui l'a accompagné). Aujourd'hui, alors que cette stratégie a remarquablement fonctionné, elle est devenue totalement obsolète. Les conditions politiques, on l'a vu plus haut, ont totalement changé. Le PS est devenu le grand parti d'alternance à gauche (il a accédé quatre fois au pouvoir au niveau national, en 1981, 1988, 1997 et 2012) ; il a abandonné le discours de la rupture avec le capitalisme tout en maintenant la stratégie d'union de la gauche sous des formes diverses (c'est la difficulté dont on parlait à l'instant) ; et il s'est mis à représenter de plus en plus des catégories sociales supérieures ou «incluses», urbaines, diplômées, issues du secteur public et vieillissantes… Pourtant aucune réflexion sur l'évolution stratégique, organisationnelle ou sociologique de ce parti n'a eu lieu depuis la défaite de 2002 au moins - qu'on pense à tous les non-dits suite au référendum sur la constitution européenne en 2005 par exemple -, et bien évidemment depuis la victoire de 2012. Si bien que la dynamique créée par la refondation d'Epinay s'est épuisée sans qu'il y ait de doctrine de substitution ni de prise en compte des transformations en profondeur des conditions socio-historiques dans lesquelles évolue aujourd'hui le parti. Les déroutes successives aux élections locales, dans lesquelles le PS a perdu une grande partie de ses ressources et de son tissu d'élus et de militants, ont achevé le processus de dislocation. Aujourd'hui, tout est à reconstruire au PS. Et 2017 sera, quel que soit le résultat, un moment de vérité. Il faudra que ce parti, et avec lui toute la gauche d'ailleurs, se réinvente en profondeur s'il veut poursuivre son parcours historique et espérer à nouveau peser au sein de la société française. La situation de blocage traduit-elle également l'impuissance du gouvernement et plus largement de l'Etat? Elle traduit, on l'a dit, autant l'impuissance d'un syndicat comme la CGT que celle du gouvernement a obtenir ce qu'ils souhaitent par des moyens plus classiques, la grève et la manifestation d'une part, le vote parlementaire de l'autre. Pour le gouvernement, on a vu qu'il s'agissait d'un problème politique d'orientation de son action telle que l'a voulue François Hollande. Mais au-delà de ces considérations, cela pose la question de l'autorité de l'Etat de manière plus générale, vous avez raison. Ce que l'on vit depuis quelques temps n'a pas que des causes politiques au sens des choix plus ou moins bons ou des stratégies plus ou moins efficaces des différents acteurs. Il faut aussi les replacer dans un contexte plus général de défiance profonde et durable de nos concitoyens vis-à-vis des institutions en général, de l'Etat et de son autorité en particulier. De manière paradoxale d'ailleurs puisque les enquêtes d'opinion sur le sujet témoignent toutes d'une demande d'autorité. Mais d'une autorité juste ou équitable, pas d'une autorité qui s'impose uniquement par la contrainte ou qui serait injuste dans son exercice. Le « modèle français » historique, celui d'un Etat structurant, puissant, régalien mais qui facilite le développement des libertés et des rapports entre égaux dans une société active et riche de ses différences de toutes sortes, n'est pas totalement inadapté à cette double demande a priori paradoxale de nos concitoyens. C'est un trait très important de la société dans laquelle nous vivons. Le besoin existe en matière d'autorité, d'un pouvoir qui s'exerce concrètement, d'une forme de verticalité, d'un lien entre, si l'on veut, le régalien et le populaire. A condition qu'il y ait une circulation entre les deux: l'autorité reposant si elle veut s'exercer efficacement sur la souveraineté. Il existe aussi, dans le même temps, un besoin d'horizontalité, de distanciation avec les institutions, faites certes pour protéger et assurer la cohésion de l'ensemble de la société, pour garantir le «commun», mais auxquelles on demande de laisser libre les individus et les groupes sociaux ; libres notamment dans leurs échanges et leurs rapports sociaux. Le bon équilibre institutionnel, et politique, se trouvant entre une forme à la fois verticale assumée de l'autorité, légitime, protectrice et juste, et une forme de facilitation des rapports directs, non intermédiés, au sein de la société. Si l'on y réfléchit bien, le «modèle français» historique, celui d'un Etat structurant, puissant, régalien mais qui facilite le développement des libertés et des rapports entre égaux dans une société active et riche de ses différences de toutes sortes, n'est pas totalement inadapté à cette double demande a priori paradoxale de nos concitoyens. C'est là un signe d'espoir me semble-t-il face aux difficultés actuelles, et parfois au pessimisme, que l'on rencontre dans le pays. Il faudrait que le politique s'en saisisse, pas uniquement les «politiques» mais l'ensemble de la communauté des citoyens.

Comment sortir de cette impasse?

Face à la crise actuelle, aiguë, il me semble dangereux de parier sur une forme de lassitude ou de pourrissement sur pied de la mobilisation actuelle, même minoritaire et radicalisée. Il serait ainsi très hasardeux, politiquement, pour le pouvoir de parier sur une sortie à bas bruit, par le bas, du conflit. Si c'était le cas - par exemple en se disant que l'Euro de football détournera les passions de nos concitoyens! -, ce qui n'aurait pas été réglé resurgirait immanquablement, lors des élections de 2017, sous une forme ou une autre. Dès lors les voies de sortie du conflit actuel ne sont pas très nombreuses. La seule solution à la fois rationnelle et raisonnable dans un cadre démocratique est le retour devant le peuple souverain, seul légitime pour trancher. Il s'agit de demander aux Français de choisir, soit par une dissolution de l'Assemblée nationale, soit par un référendum, ce qu'ils souhaitent pour le pays, sans attendre l'année prochaine - les mois qui nous séparent de la présidentielle risquant d'être particulièrement pénibles pour tout le monde. Un peu de clarté ne nuirait pas dans ce brouillage général des repères auquel nul ne semble échapper aujourd'hui. Et j'ajouterais que celui qui a largement contribué, par sa personnalité comme par la politique qu'il a menée, à ce brouillage général, c'est-à-dire le président de la République, pourrait s'offrir par une telle décision une sortie par le haut. C'est lui qui détient les clefs institutionnelles du déblocage politique du pays - nous sommes bien dans la Vème République! En acceptant la verticalité du pouvoir dont je parlais plus haut (ce lien direct entre régalien et populaire), il pourrait tenter de se relégitimer aux yeux de nos concitoyens et se permettre ainsi de jouer avec davantage de chances qu'il n'en a aujourd'hui, sa dernière carte à la présidentielle de l'an prochain. François Hollande joue en effet dans la crise actuelle non seulement le bilan de son quinquennat - la réussite ou l'échec de ses choix économiques - mais aussi la place, la trace, qu'il laissera dans l'histoire de la gauche et, plus important encore, du pays.

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Published by Marc Lucien H.
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commentaires

marc d'Héré 31/05/2016 10:51

L'avis d'un intellectuel de gauche...