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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 10:05

Dans le Figaro.

Pour l'ancien président de la République, retenir cette date revient à considérer que la France était « du mauvais côté de l'Histoire ».

La France et l'Algérie partagent une Histoire commune. Une Histoire qui a duré plus d'un siècle. C'est une réalité.

De cette Histoire, la mémoire collective de nos peuples a retenu les hautes figures d'Abd el-Kader, du duc d' Aumale ou encore l'héroïsme des tirailleurs algériens tenant tête à l'armée prussienne sur le champ de bataille de Wissembourg.

Des Français d'Algérie, de toutes origines, de toutes religions, de toutes conditions, ont donné leur sang pour la France, en 1870, en 1914-1918, en 1939-1945 et plus tard lors de conflits extérieurs. Ils sont tombés pour la gloire et l'honneur du drapeau tricolore.

Des Français ont consacré leur vie à l'Algérie, ils ont construit cultivé, embelli, et surtout aimé ce pays􀀘 qu'il considéraient comme le leur. Des centaines de milliers d'entre eux reposent toujours en Algérie.

Mais cette Histoire est aussi faite de violence. Violence de la conquête, violence des révoltes contre cette même conquête, violence de l'exploitation et de la colonisation, violence des opérations de « pacification » et violence enfin de la guerre d'Algérie, qui avant d'être une guerre d'indépendance fut aussi une guerre civile.

Cette Histoire-là est douloureuse car, comme dans tout conflit, la violence fut aussi, hélas, des deux côtés.

Depuis la fin de ce conflit et les accords d'Évian qui tentèrent de trouver une issue négociée à huit ans de guerre, la France et l'Algérie ont essayé d'envisager ensemble un autre avenir. Un avenir qui passe nécessairement par cette mer Méditerranée commune aux deux pays.

Les relations économiques n'ont jamais cessé et si en 1962 plus d'un million de Français d'Algérie ont rejoint la France, plus d'un million d'Algériens vivent aujourd'hui dans notre pays. Si !'Histoire de nos deux pays n'est plus commune, elle reste, on le voit bien, largement partagée par nos deux peuples. Pour autant, les anciennes blessures ne sont pas toutes cicatrisées. Il revient donc à chacun de nos peuples de regarder son Histoire en face.

Si en 2012, au camp de Rivesaltes, président de la République j'ai reconnu, au nom de la France la responsabilité de la République dans la tragédie des harkis, je ne me suis évidemment pas permis de m'exprimer au nom de l'Algérie. C'est à ce pays souverain et à son opinion publique qu'il reviendra de faire, sur cet épisode de son Histoire, le travail de mémoire nécessaire pour qu'un jour les fils de harkis puissent librement s'interroger sur le sort qui a été réservé à leurs familles et à leur enfance.

Il n'en demeure pas moins qu'il faut aussi trouver les mots pour désigner ce passé commun et choisir des dates pour commémorer cette guerre qui a marqué nos deux nations, afin de rendre ainsi un même hommage à tous ceux qui sont tombés ou qui ont combattu.

Le président de la République et sa majorité ont choisi délibérément le 19 mars, date du cessez-le-feu qui suivit la signature des accords d'Évian pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie. Pour qu'une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous.

Or chacun sait qu'il n'en est rien, le 19 mars reste au cœur d'un débat douloureux.

Le président François Mitterrand, lui-même, refusa catégoriquement de reconnaître cette date pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie. Il faut dire qu'il avait été un acteur de l'époque, en pnse avec ces événements. Il savait que le conflit n'avait pas cessé au lendemain des accords d'Évian et que la tragédie au contraire s'était poursuivie pendant des mois.

Le rapatriement des Français d'Algérie, les victimes des attentats, les exactions contre les harkis, autant d'événements douloureux qui ne peuvent pas être effacés de !'Histoire officielle et rejetés vers le purgatoire de notre mémoire collective.

Choisir la date du 19 mars, que certains continuent à considérer comme une défaite militaire de la France, c'est en quelque sorte adopter le point de vue des uns contre les autres, c'est considérer qu'il y a désormais un bon et un mauvais côté de !'Histoire et que la France était du mauvais côté.

Le président Jacques Chirac avait choisi une date, celle du 5 décembre pour rendre hommage à tous les morts pour la France de ce conflit. J'ai toujours respecté ce choix, un choix de cohésion et d'unité nationale, car il n'opposait pas deux passés.

J'ai moi-même voulu que les victimes civiles ainsi que tous les disparus civils et militaires soient justement associés à cette journée nationale. Je veux que l' ensemble des Français, notamment les plus jeunes, sachent ce qu'ont été les épreuves l'exil, les déchirements des Français d'Afrique du Nord, car les appelés, les rapatriés et les harkis gardent un souvenir douloureux de cette année 1962.

La guerre d'Algérie a été un événement dramatique, des hommes et des femmes portent encore dans leur souvenir comme dans leur chair la trace de cette Histoire vivante, ne déclenchons pas une guerre des mémoires.

Nicolas Sarkozy

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Published by Marc Lucien H.
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