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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 06:38

Les Rendez-vous du Projet sont toujours l'occasion pour militants, adhérents et non adhérents d'échanger avec des parlementaires et des acteurs de la vie civile sur des sujets ciblés. Eric Woerth, Isabelle Le Callennec et Jean-Pierre Door avaient invité, mercredi soir, à débattre et réfléchir sur une nouvelle organisation territoriale de la santé.

De nombreuses idées et pistes vont voir le jour dans la loi rectificative Santé que notre famille politique présentera en juin avec le concours des militants, adhérents et professionnels de santé passionnés par le sujet.

« Nous sortons d'une loi santé pilotée par Mme Touraine et l'actuel gouvernement socialiste qui ne fait plaisir à personne que cela soit les médecins, les professionnels de la santé, les citoyens eux-mêmes. Ce n'est qu'une addition de points conjoncturels mais elle ne répond pas au besoin d'une réforme structurelle.

Nous avons décidé aux Républicains d'écrire une nouvelle loi Santé, une loi rectificative à celle de Mme Touraine qui sera débattue à l'Assemblée nationale en juin prochain mais qui ne sera pas votée car nous sommes dans l'opposition. Mais elle sera débattue et votée au Sénat et elle sera donc opérationnelle pour l'alternance que nous attendons tous en 2017. Cette loi nous avons décidé de l'écrire tous ensemble, vous professionnels de la santé, vous adhérents et militants des Républicains passionnés par ces sujets de la santé, de la protection sociale, de l'Esanté, de l'organisation territoriale de la santé et nous, parlementaires ».

C'est devant une salle comble que Jean-Pierre Door, député-maire de Montargis (Loiret) et Secrétaire national à la Protection sociale a lancé, mercredi soir, une nouvelle réunion des Rendez-vous du Projet initiés par Eric Woerth, Secrétaire général et Isabelle le Callennec, vice-présidente, tous deux en charge de l'animation et de la construction du Projet politique de notre famille politique. Si l'E-santé a fait l'objet voilà quelques semaines d'une réunion spécifique, celui qui est également cardiologue a souhaité axer cette réunion de travail, ouverte au public et à la presse, sur l'organisation territoriale de la Santé. « Les récentes élections locales nous ont montré combien les Français étaient préoccupés par la désertification rurale qui ne touche pas que la santé. Nous devons réfléchir à une meilleure organisation entre territoires urbains et territoires ruraux. Et nous devons répondre à un double défi, le défi du financement de la protection sociale qui coûte 700 milliards par an et 33% du PIB et ce défi organisationnel de la santé entre territoires urbains et ruraux », lance, en préambule, Jean-Pierre Door. « Il faut impérativement et rapidement lancer une politique ambitieuse de revitalisation des territoires. Si on ne le fait pas on ne règlera pas le problème de la désertification médicale qui n'est qu'une conséquence de la désertification rurale. Il y a des déserts, et dans ces déserts il n'y a pas non plus de médecins », constate Patric Bouet, président du Conseil national de l'Ordre des médecins. Rappelant que l'âge moyen d'installation des médecins est passé de 27 ans dans les années 1970-1980 à 35 voire 40 ans en 2015 « selon les spécialités », Pierre Bouet observe que le choix de l'installation, libre, des médecins est pondérée par l'exigence familiale. C'est-à-dire par l'attractivité d'un territoire. Plus ce dernier sera animé et équipé de services, plus il aura d'atouts, plus il attirera, point commun à tous les secteurs d'activités.

Si l'idée de la coercition (contrainte d'installation) est particulièrement repoussée par la médecine libérale, Pierre Bouet appelle de tous ses vœux à cette revitalisation qui aurait le mérite de redonner de l'espoir à une profession qui s'inquiète. « Si 90 000 médecins sont inscrits à l'Ordre, 42 000 exercent réellement en médecine générale. Et notre profession vieillit », alerte-t-il malgré un numerus clausus dans l'admission aux études médicales françaises en hausse. « La décennie qui vient est une décennie à haut risque », prévient Pierre Bouet devant la moyenne d'âge des médecins en exercice (entre 55 et 60 ans). Prenant exemple sur le petit nombre d'anesthésistes-réanimateurs, Pierre Bouet juge qu' »en matière de prévision nous sommes totalement pris au dépourvu ». Et ce malgré le pari « perdu » des diplômés étrangers venus en renfort. « Nous pensions naïvement qu'ils iraient là où les jeunes diplômés français ne voulaient pas aller », lâche Pierre Bouet observant également que ces 2000 médecins, qui viennent chaque année compléter le manque, ne règlent en rien la solution. « On pourra même doubler le numerus clausus mais nous ne changerons rien à la sortie des études et à l'insertion », prévient Pierre Bouet plaidant à nouveau pour la revitalisation globale des territoires et pour des « formations professionnalisantes ».

Autre cri d'alarme, celui des pharmaciens représentés par Alain Delgutte, membre de l'Ordre national des pharmaciens et titulaire d'une officine à Nevers (Nièvre). Si au contraire des médecins libéraux, une pharmacie pour s'installer est conditionnée à des critères, notamment démographiques (à partir de 2 500 habitants puis par zone de 4 500 habitants), Alain Delgutte estime que « la pharmacie ne va pas bien ». Bien qu'il n'y ait –pas encore- de désert pharmaceutique, cette profession recense aujourd'hui 75 000 pharmaciens dont 25 000 titulaires, 27 000 adjoints et 7 500 pharmaciens biologistes. Mais elle recense aussi la disparition d'une officine « pratiquement tous les deux jours ». La raison ? « On demande à notre système de protection sociale des économies. Et la moitié des économies sont demandées essentiellement sur le médicament ». Il y a donc un problème de rentabilité qui fait que les officines ferment les unes après les autres, essentiellement dans les communes de moins de 7 000 habitants et de plus de 16 000 habitants. Cette déstabilisation du réseau officinal inquiète la profession mais aussi les élus ruraux pour qui la pharmacie est considérée comme un élément majeur dans le maintien du lien social de la commune. Devant ce constat de la désertification, Guy Vallancien, chirurgien et professeur d'urologie tente de trouver des solutions adaptées à notre époque. Tout d'abord en s'appuyant sur les nouvelles technologies, ce qui aura le mérite de « laisser du temps à l'humain » mais également en réorganisant complètement l'organisation de la santé en général et sur les territoires en particulier. Avocat de la régionalisation de la santé « y compris sur le plan financier », celui qui est également membre de l'Académie nationale de chirurgie et de médecine veut conforter le rôle des centres hospitaliers universitaires qui enverront les protocoles aux maisons de santé.

Sur le territoire, il estime qu' «entre le médecin, bac + 7 au minimum et et l'infirmière, bac +3, il manque un master, bac +4 et bac +5, ce afin de participer à l'action de santé ». Guy Vallancien s'interroge également sur certaines professions médicales dont on pourrait mieux utiliser les compétences et le bagage universitaire. « Faire douze années de médecine pour juste faire lire Q R Z et donner des certificats de sport… », lâche-t-il. Rumeurs dans la salle. Guy Vallancien aime bousculer et faire réfléchir. Comme sur ce constat : « En moyenne, par département et par nuit, il n'y a qu'une seule grande urgence médicale. Mais on mobilise des équipes phénoménales. Nous sommes en train d'entretenir des centres hospitaliers où seuls les personnes sans grands moyens vont », lâche-t-il. Nouvelles rumeurs dans la salle…

Et de plaider à nouveau pour « reconstruire, région par région, l'organisation territoriale de la santé. Avec un schéma simple il nous faut une évolution pragmatique de notre système de santé et de protection sociale », propose-t-il. Economiste spécialisé sur les questions de santé, Frédéric Bizard n'est pas très éloigné du constat établi d'un système en crise « par inadaptation ». « Il faut restructurer l'ensemble de notre protection sociale qui a été réfléchie entre 1940 et 1950, un monde qui n'existe plus aujourd'hui », constate Frédéric Bizard parlant d'un « système rafistolé sans qu'il n'ait jamais été réformé en profondeur ». Mais à ses yeux, « tous les espoirs sont permis ». Parce qu'il n'y a « jamais eu autant de ressources humaines, d'argent et d'innovations pour soigner les patients ». Et ce dans un contexte médical qui a évolué avec le vieillissement de la population qui a pour conséquence de repousser les pathologies le plus tard possible ; avec la nécessité de rendre les personnes capables d'agir, d'être autonomes avec l'appui des professionnels de santé ; avec l'appui du numérique et des nouvelles technologies. « Nous avons les meilleures start-up au monde dans le domaine de la santé mais notre système de santé n'a pas intégré ces innovations », déplore Frédéric Bizard qui supplie les décideurs de sortir du système hospitalo-curativo-centré, « un vrai boulet ». S'il veut, comme l'ensemble des intervenants, que les parcours de soins soient recentrés, il souhaite que l'hôpital soit le dernier point dans la chaîne et non le pivot. Mais pour lui « rien ne se fera sans la femme ou l'homme politique, sans la décision politique. « Seul le pouvoir politique, seule la volonté politique ont la possibilité de faire passer le système de la Santé et de la protection sociale dans le XXI ème siècle ». Avec ce codicille d'importance : « Rien ne se fera non plus si les acteurs eux-mêmes ne se remettent pas en question ». « Les professionnels de santé savent que le système de santé doit se réformer », lui répond Pierre Bouet. « 98% de la population en est également conscients. Il reste à convaincre les 2% restant, à savoir les acteurs politiques », conclut Pierre Bouet, provoquant des prises de rendez-vous entre de très nombreux participants à cette réunion dans le but de travailler sur la loi rectificative de Santé que notre famille politique présentera en juin prochain au Parlement. C'est cela les Rendez-vous du Projet, un bouillonnement d'idées au service du projet politique d'alternance que notre famille politique portera pour 2017.

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Published by Marc Lucien H.
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