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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 20:22

Nicolas Sarkozy veut prendre de la hauteur.

Alors que la France est toujours sous le choc des attentats du 13 novembre, "le temps n'est pas aux arrière-pensées, aux calculs (...) Restons au-dessus", a plaidé le président des Républicains lors d'un discours au ton grave, où se reconnaissait la plume d'Henri Guaino, prononcé mercredi soir à Schiltigheim, près de Strasbourg.

"Quand la France est attaquée, il ne saurait être question de parti, de camp ou d'ambitions personnelles". L'ancien président a donc préféré appeler les Français à un long "examen de conscience" face à "l'affaiblissement de la République" et à "la folle idéologie de la page blanche", réclamant un retour à la "France de toujours" plutôt qu'une société multiculturelle.

En présence de la tête de liste LR aux régionales Philippe Richert et du président du Parti radical Laurent Henart, Nicolas Sarkozy n'a évoqué la campagne régionale que pour souhaiter qu'elle puisse se poursuivre. "Mettre la démocratie entre parenthèses serait donner une victoire à ceux qui veulent nous forcer, par la terreur, à renoncer à ce que nous sommes". "

"J'approuve l'état d'urgence" "Nous ne nous tairons pas ", a-t-il dit. Et de mettre en garde au passage "ceux qui exercent les plus lourdes responsabilités": "dans les circonstances actuelles, où le sort du pays est entre leurs mains, il ne serait pas digne, ni à la hauteur des événements de chercher à tendre à l'opposition des pièges politiques", a-t-il averti dans un coup de griffe adressé à François Hollande, jamais cité.

"Quiconque chercherait à instrumentaliser à des fins électorales la terrible menace qui pèse sur notre pays (...) ne serait pas digne de la confiance des Français", mais "le silence non plus ne serait pas digne quand l'intérêt général exige que l'on parle".

Nicolas Sarkozy a donc apporté son soutien aux mesures prises par François Hollande depuis le 13 novembre. "J'approuve l'état d'urgence, j'approuve la déchéance de nationalité (...) J'approuve l'assignation à domicile, j'approuve les pouvoirs exceptionnels donnés au gouvernement, aux préfets, aux autorités administratives, à la police, à la gendarmerie, pour traquer les assassins".

Mais il a aussi réclamé une "surveillance plus étroite de ceux qui sont signalés comme ayant des liens avec des milieux radicalisés et susceptibles de passer à l'acte" et des "peines de sûreté pour ceux qui présentent encore un danger". Ces deux décisions "ne peuvent plus être reportées sans faire courir aux Français des risques que personne n'a le droit de leur faire courir", a-t-il insisté. "Nous n'avons pas le temps" L'ancien chef de l'Etat a accusé le gouvernement d'avoir trop tardé à prendre des mesures.

"Nous avons déjà trop attendu pour mettre en place l'état d'urgence, trop attendu pour donner à la police et à la gendarmerie les moyens de démanteler les trafics d'armes de guerre, pour entraver la circulation des terroristes", bref "trop attendu pour tirer dans tant de domaines les leçons des attentats du mois de janvier. Ces attentats de janvier auraient dû nous conduire à agir plus tôt".

Désormais, "n'attendons plus". "Nous n'avons pas le temps", a-t-il insisté, pressant. "C'est mon rôle de chef de l'opposition et mon devoir d'ancien chef de l'Etat de le dire".

A Strasbourg, Nicolas Sarkozy a aussi souhaité dépasser la question sécuritaire. "Il y a tant de domaines où la République a trop reculé", a-t-il déploré, appelant les Français à un "effort de lucidité" et à un "examen de conscience à propos de l'affaiblissement de la République".

"Des décennies de renoncement, de reniement, de lâcheté collective nous ont fabriqué la société, l'Europe et le monde où tant de malheurs sont devenus possibles". Comme les survivants de la Grande guerre, "nous avons voulu croire que nous ne reverrions jamais la dépression des années 30, la remontée des extrêmes, des gens mitraillés en terrasse en plein Paris, des guerres de religion, l'antisémitisme hideux, l'Europe se couvrant de barbelés... (...) Nous avons voulu croire que (...) tout serait réglé par la démocratie et le marché", alors même que l'Occident "devenait plus fragile, plus vulnérable".

Nicolas Sarkozy a fustigé "la folle idéologie de la page blanche": "plus de nations, plus d'Etats, plus de frontières, plus d'identités, plus d'attaches, plus d'héritage" mais aussi "plus de devoirs, plus de notes, plus de discipline" ni de "morale". "Ce néant revendiqué préparait la catastrophe".

Il s'en est aussi pris à l'UE, devenue "l'instrument de nos renoncements". "Loin de nous protéger, cette Europe désunie, désarmée, sans volonté nous a rendu plus vulnérables", a-t-il accusé. "A chaque crise, nous crions Europe! Europe! (...) Schengen ne fonctionne pas? On continue! Le statut du travailleur détaché est un scandale? On continue!"

Dès lors, "le moment est venu de refonder l'Europe", a estimé l'ancien président. Quant à la démocratie, elle est devenue "un alibi". "Le communautarisme? C'était la démocratie! Non, c'était les prémices de la destruction de notre société. Le multiculturalisme? C'était la démocratie! Non, c'était le contraire de notre identité nationale", a-t-il lancé.

"Les circonstances nous font un devoir de réagir". Certes. "nous devons faire la guerre à l'Etat islamique (...) par tous les moyens" mais "nous devons être capables aussi de leur opposer une unité". Pour cela, il faut "rendre aux Français, quels que soient leurs croyances, leurs origines et leur histoire personnelle, la France de toujours". A ses yeux, "il n'y a pas d'identité française, d'identité heureuse dans une société devenue multiculturelle". Nicolas Sarkozy a conclu son discours en citant longuement sans le nommer "un chanteur" -en l'occurrence une tribune écrite par Magyd Cherfi, du groupe toulousain Zebda, après les attentats-: "pendant 30 ans (...) nous avons contesté la République (...) Pendant toutes ces années, nous avons oublié que la France était le plus beau pays du monde (..) C'est la République qui a fait de moi un homme libre. Je me dois de lui rendre ce qu'elle m'a donné".

Christine Ollivier - Le Journal du Dimanche

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Published by Marc Lucien H.
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