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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 07:14

FIGAROVOX/TRIBUNE - Nicolas Sarkozy a indiqué ce dimanche que «les Républicains», nom choisi pour rebaptiser l'UMP, sera validé par le vote des militants.

Le préfet Pierre Monzani explique pourquoi il approuve ce terme. Agrégé d'histoire, diplômé de l'École Nationale d'Administration, le préfet Pierre Monzani est conseiller spécial auprès d'Edouard Courtial, président du Conseil départemental de l'Oise. Il est ancien collaborateur de Charles Pasqua et ancien Directeur de Cabinet de Maurice Leroy.

Trop de mauvaise foi chez l'adversaire transforme souvent votre hésitation à l'égard d'une idée de vos amis en franche adhésion. Il en va ainsi pour le changement de nom de l'UMP en «Les Républicains».

Comme Henri Guaino, je trouvais que l'appellation pouvait avoir un accent américain, comme Bruno Le Maire, je regrettais que la Nation n'ait pas la primauté, comme tous les gaullistes j'avais un faible pour le rassemblement et je trouvais que Rassemblement des Français aurait été une bonne formule. Oui mais voilà nous sommes aussi dans une affaire de marque. Et les marques doivent faire face aux contrefaçons et autres détournements, et aussi aux scories sémantiques héritées du passé.

Rassemblement et Nation étaient, et restent, au cœur du gaullisme mais nous nous sommes, par faiblesse moderniste, laissés déposséder de nos concepts et désormais le rassemblement est bleu marine et la nation un adjectif après Front. Ce «désormais» est provisoire et il nous appartient de reconquérir nos valeurs usurpées et détournées. C'est une tâche prioritaire pour les Républicains. Rassemblement du Peuple Français aurait été la plus belle appellation, elle appartient au RPF de 1947 et démontre d'ailleurs que le nom ne garantit pas le succès et l'accession au pouvoir. Parti Populaire Français et autres mariages du peuple et de la patrie ont été, hélas, salis par l'extrême-droite qui mit ces beaux mots au service des basses besognes de la collaboration avec le nazisme.

Alors «Les Républicains», voilà un résumé assez logique de nos familles qui composent l'UMP. UMP qu'il faut abandonner car la maille est usée et que le terme renvoie à une finalité nombriliste: l'union pour un mouvement comme si le parti était le but alors que les seules finalités qui vaillent sont la France et les Français.

En effet les Républicains ce sont les gaullistes car les gaullistes ont rétabli la République en 1944 et l'ont sauvée puis consolidée en 1958. Les Républicains ce sont les libéraux puisque c'est la grande tradition de la droite française, dès l'avant-guerre, de s'appeler ainsi. Plus près de nous Républicains Indépendants et Parti Républicain le rappellent utilement. Les Républicains ce sont les Valoisiens comme l'indique le nom du plus vieux parti de France. Les Républicains ce sont les démocrates chrétiens qui eurent leur apogée lorsqu'ils se nommaient Mouvement Républicain Populaire.

Mais les Républicains ce ne sont plus tout à fait les socialistes depuis qu'ils ont voulu dépasser la République par le socialisme et depuis qu'ils agissent trop souvent au quotidien contre l'exigence républicaine. Dans la gestion actuelle du pays, ni Jaurès, ni Blum, ni les vrais communistes ou les socialistes de cœur ne retrouvent leur République ouvrière et patriote.

Les néo-socialistes ont abandonné la classe ouvrière et paysanne, dont la noblesse est celle du sens du travail qui va avec celui du combat et de l'amour de la patrie. Ils ont bradé la politique d'aménagement du territoire, la récompense du mérite et de l'excellence, la laïcité de combat.

Non, la politique pénale actuelle n'est pas dans la tradition républicaine, pas plus que la constitution d'une France de 13 régions féodales, pas plus que les comportements, postures et attitudes des hiérarques parisiens du socialisme bourgeois. La plupart des élus locaux et départementaux de gauche se distinguent heureusement de ces socialistes hors sol qui dominent leur parti et dénaturent sa tradition républicaine.

La place manque ici mais le PS a bien trahi une tradition républicaine qui fut jadis la sienne en cédant aux sirènes de la pensée soixante-huitarde.

Mais le plus cocasse dans l'affaire, ce sont les cris socialistes à l'encontre de l'appellation «Les Républicains». Eux peuvent avoir le monopole du juste, du bien et du beau mais les autres non! Eux peuvent s'identifier à la vraie république, de façon abusive on l'a vu, mais les autres non! Eux peuvent faire preuve d'habileté idéologique mais les autres non!

Et le sommet de la drôlerie a été atteint lorsqu'historiens et sociologues (quelques-uns en fait) ont dénoncé ce coup d'Etat de Nicolas Sarkozy sur un mot. Nous n'aurons pas la cruauté de citer leurs noms et d'expliquer «d'où ils parlent» comme on disait naguère mais nous aurons la probité d'écrire qu'un historien peut être scientifique quand il parle du passé mais quand il parle du présent l'honnêteté doit le présenter comme un citoyen, lui-même objet d'histoire et surdéterminé par le présent qu'il ne peut objectiver. Pour ma part j'aurais aimé qu'ils s'indignent plutôt du fait que le Front national actuel ait emprunté le nom d'un grand mouvement de Résistance pour abriter les nostalgiques du pétainisme.

Ce n'est donc pas l'historien de formation qui écrit cet article mais le citoyen engagé qui sait cette leçon simple du combat politique: quand l'adversaire crie très fort et qu'il mobilise ses intellectuels c'est que nos amis ont touché juste et que Nicolas Sarkozy sait encore faire de la politique et parler aux Français.

Et puis le terme «Républicains» comporte des exigences rassurantes pour la bonne tenue de notre famille politique qui, par exemple, ne devra ni céder aux sirènes du communautarisme, ni à celles d'une idée européiste bien plus démocrate que républicaine. Cette opposition salutaire entre l'exigence républicaine et les dérives post-modernes de l'idéologie politique était d'ailleurs le fondement du combat de Charles Pasqua et de Philippe Seguin lorsqu'ils créèrent «Demain la France».

Les Républicains, voilà un nom qui est une assurance pour un retour aux fondamentaux de notre pacte social. Il implique aussi de ne pas confondre solidarité et assistance et de défendre nos communes et nos départements, colonne vertébrale de la République, faite de proximité et d'attention aux préoccupations des territoires et de leurs habitants.

Quant aux sondages sur ce sujet laissons-les là où ils doivent être: dans l'inconscient des sondeurs, ceux-là même qui font dire aux Français que Chirac est plus sympathique que de Gaulle! Et alors, en quoi un chef d'État doit-il être sympathique pour bien servir la France? L'inverse est souvent vrai!

Mon seul regret à l'égard des «Républicains» sera pour ne pas blesser nos amis bonapartistes -mais ils savent que l'aigle impérial avait un cœur républicain- et nos amis royalistes, je pense à vous cher Jean Raspail, -mais ils savent que les vrais républicains, ceux de cette nouvelle formation, sont convaincus que sans l'œuvre de nos Rois il n'y aurait pas de France et pas de nation française puisqu'il n'y aurait pas eu d'État.

Mais «les Républicains», non pas comme une affirmation suffisante mais comme une ambition rigoureuse, quel beau défi à relever pour nous tous!

Pierre Monzani

Tribune dans Le Figaro du 5 mai 2015

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Published by Marc Lucien H.
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