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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 05:51

Par Laureline Dupont. LePoint.fr

À voir les visages des ténors UMPistes qui s'échappent du siège de la rue de Vaugirard ce mardi soir, on croirait presque que l'UMP vient de se livrer à 1 h 30 de câlinerie collective. "Je suis très content, on est arrivé à créer un processus clair, carré, tout le monde est d'accord et cette règle du jeu va garantir l'unité de l'UMP dans les deux ans qui viennent", se réjouit le grand organisateur de la primaire, Thierry Solère.

Comme lui, ses camarades sont heureux, sereins, souriants, et même les candidats putatifs affichent une placidité perturbante. À peine sorti du bureau politique, le connecté Alain Juppé tweete : "Bonne nouvelle : l'UMP choisit les primaires largement ouvertes. Une étape décisive est franchie." Puis, une poignée de minutes plus tard : "Le cadre est posé. Maintenant, le contenu : des réformes courageuses pour faire redémarrer la France. Préparons-les ensemble."

Le cadre en question est celui sur lequel ont planché pendant des mois Thierry Solère et son groupe de travail.

Résumons. Une primaire ouverte les 20 et 27 novembre 2016, à laquelle pourront se présenter les candidats ayant obtenu les parrainages de 2 500 militants, 250 élus dont, nouveauté du jour, 20 parlementaires au lieu des 25 proposés par la commission d'organisation du scrutin. Les votants disposeront - autre modification - de 10 000 bureaux de vote au lieu des 8 000 proposés initialement. Enfin, dernier point de débat tranché ce soir : l'avenir du président de l'UMP en cas de candidature. Décision du BP, le chef du parti devra démissionner au moment de sa déclaration de candidature, au plus tard en septembre 2016 (date de validation des candidats par la Haute Autorité). En clair, Sarkozy peut, s'il le souhaite, attendre le dernier moment pour quitter ses fonctions et ainsi profiter des largesses offertes par le parti (fichiers d'adhérents, outils de communication...) jusqu'à deux mois avant l'élection. Un scénario avantageux pour l'ancien président, mais "il faut bien qu'il y ait des avantages à être patron du parti", dixit un juppéiste ironique.

Après ce qu'il considère comme sa victoire aux élections départementales, Nicolas Sarkozy peut donc se féliciter de s'être extirpé par le haut de cette indigeste primaire. Pour comprendre comment le patron de l'UMP en est arrivé là, voici l'histoire d'un bureau politique presque soporifique.

18 heures, Nicolas Sarkozy fait son apparition dans la salle du 238, rue de Vaugirard qui abrite le bureau politique. "On va essayer de tenir ça en une heure, pas beaucoup plus, lance-t-il aux participants. Thierry Solère a fait un travail admirable, il est très mature pour un jeune parlementaire. Recevoir tout le monde, écouter tout le monde, trouver un consensus à chaque fois, c'est formidable ! On va l'écouter."

Les joues rosies par un agréable embarras, le député des Hauts-de-Seine énonce les grands principes de la primaire, présente le calendrier retenu, le corps électoral concerné, etc. Puis la parole revient à Nicolas Sarkozy qui s'empresse de la redistribuer. Bernard Accoyer commence par une brève saillie sur l'absent François Fillon, en voyage en Jordanie. "François Fillon est à l'étranger, je l'ai eu au téléphone, il m'a demandé de vous dire qu'il était d'accord avec tout ça."

Alain Juppé, lui, l'est aussi, mais proteste doucement sur le calendrier : "Bravo pour ce travail collectif, mais je trouve que c'est un peu tard comme calendrier, septembre pour déposer les candidatures, c'est la dernière limite." Autre motif de protestation, les 8 000 bureaux de vote proposés par le groupe de travail. Convaincu en son for intérieur qu'un nombre important de lieux de vote évitera les dérapages, le maire de Bordeaux réclame 2 000 bureaux supplémentaires. Argument avancé à voix haute : "Il faut permettre aux zones rurales de voter." Une prise de parole qui fait sourire un participant : "Juppé candidat des zones rurales, c'est assez cocasse."

Vient ensuite son "interrogation" sur le devenir de la direction de l'UMP au cas où l'un de ses membres serait candidat à la primaire. Sarkozy saisit la balle au bond. "Premièrement, je ne reviendrai pas sur les statuts adoptés par le triumvirat à savoir que si un membre de la direction de l'UMP est candidat, il démissionne. Petit deux, je laisserai à la commission des statuts le soin d'inventer le bon système pour une direction collégiale pendant la campagne de la primaire. Troisièmement, je propose de manière radicale mais très simple que celui ou celle qui est élu(e) à la primaire devienne le patron de l'UMP jusqu'aux législatives suivantes." Juppé opine du chef.

La parole peut circuler. Bertrand veut 20 parlementaires, Estrosi 5 000 militants Après avoir félicité Thierry Solère, Bruno Le Maire et Gérard Larcher jugent "sage" le nombre de 25 parlementaires parrains. Jean-Pierre Raffarin prend le micro et fait part de son interrogation : "C'est quoi un parti politique qui pourrait participer aux primaires ?" Un aimable débat s'engage entre les participants avant que Juppé ne tranche : "On simplifie ça dans le règlement et on dit que c'est le BP qui décidera au cas par cas de qui est susceptible de porter une candidature en dehors de l'UMP." Adjugé, vendu.

Puis, Henri Guaino exprime son mécontentement : "Je suis gêné par cette histoire de seuil de parlementaires, ce n'est pas aux notables de dire qui peut être candidat." Rebond de Xavier Bertrand : "Le fait même qu'il y ait ce débat fait démentir tous les préjugés, si on descend le nombre de parrains à 20, on pourrait monter un peu le nombre de militants." Christian Estrosi s'engouffre dans la brèche ouverte par le député de l'Aisne et réclame au contraire que l'on augmente le nombre de parrainages de militants : "2 500, c'est pas assez, on peut doubler." Mais la proposition jugée peu réaliste est évacuée par Thierry Solère.

C'est au tour du trésorier de l'UMP Daniel Fasquelle de parler. Sujet évoqué : le plafond de dépenses. "Sera-t-il le même pour les candidats UMP et ceux des autres formations ?" questionne le député-maire du Touquet. Réponse de Solère : "C'est à négocier, mais on ne peut pas imaginer avoir deux plafonds différents, le Conseil constitutionnel est vigilant sur les primaires désormais, il veut les réintégrer dans les comptes de campagne. C'est pour cette raison que nous allons imposer deux choses : un plafond de dépenses et leur publication en décembre 2016, donc avant l'élection présidentielle." Soudain, le discret Édouard Balladur donne un coup de coude malheureux à son micro qui vient s'écraser sur le sol. "Quel déconneur, ce Balladur !" lance Sarkozy. Aucun doute, au BP ce mardi soir, l'heure est à la détente et à l'humour. Si bien qu'au moment de passer au vote, les règles de la primaire sont adoptées en un tour de main levées.

Alors que le bureau politique touche à sa fin, Nicolas Sarkozy et Daniel Fasquelle reprennent la parole pour un clou du spectacle pour le moins inattendu. Étude sur le Sarkothon "Nous avons là une étude faite par deux experts sur le Sarkothon, commence Fasquelle. Et le résultat réel montre qu'une fois que tout a été payé, le Sarkothon rapporte un million d'euros net au parti." Une affirmation complétée par Sarkozy : "Sur mes deniers personnels, j'ai mandaté depuis trois mois deux magistrats experts pour réaliser une consolidation financière de tous les coûts liés au Sarkothon et au remboursement de l'amende, le Sarkothon a rapporté beaucoup plus que ce que l'UMP m'a donné."

Décryptage de cette étrange sortie : le patron de l'UMP qui supporte mal d'avoir passé une journée entière à s'expliquer devant les juges la semaine passée signifie là à ses camarades UMP que les commissaires aux comptes ayant approuvé les comptes de l'UMP avaient eu bel et bien raison de le faire. Malaise autour de la table.

Le bureau politique a presque failli se dérouler sans tension.

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Published by Marc Lucien H.
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commentaires

Marc d'Héré 08/04/2015 08:23

En 4 mois, Nicolas Sarkozy a fait de l'UMP un parti plus démocratique, plus rassemblé et plus fort électoralement que le PS.