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 RECONQUÊTE est un  mouvement en construction. Ce n'est pas un parti politique, mais un Cercle de Réflexion et d'Action, ouvert à tous ceux, à quelque parti qu'ils appartiennent, ou sans parti, qui se reconnaissent dans ses valeurs et  principes. La Responsabilité et l'équivalence entre droits et devoirs à tous les niveaux,  le libéralisme économique,  la solidarité,  le choix d'une évolution réaliste et progressive dans le social et le sociétal,  l'Europe... 

 

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22 février 2015 7 22 /02 /février /2015 23:04

Par Gilles Casanova

"Quand ça veut pas, ça veut pas" (Jacques Chirac).

C'est peut être la conclusion que tireront dans un peu plus d'un mois les dirigeants socialistes à propos des élections départementales. En attendant, on peut essayer de comprendre pourquoi l'enfant se présente mal.

Ce que les dirigeants socialistes ont appelé « l'accident » du 21 avril 2002, dont le fautif a aussitôt été identifié comme étant Jean-Pierre Chevènement, provenait d'un défaut de mise à jour du logiciel politique du Parti socialiste. C'était tout sauf un accident. Le mur de Berlin était tombé, les règles du monde avaient changé, défendre l'émancipation de la société et du monde du travail requerrait de développer de nouvelles perspectives, et non de répéter celles d'un passé révolu.

De 2002 à 2012, le Parti socialiste n'a eu aucune réflexion politique commune sur ces sujets. Il a triomphé aux élections locales, grâce au rejet de la politique de la droite qui était aux affaires. Il y a vu là la preuve que 2002 était bien un accident, et qu'il lui suffisait de se présenter, vêtu de son image de vainqueur des élections locales, de sympathique Maire, Conseiller général, Conseiller régional ou Sénateur, pour parachever l'œuvre. L'Histoire, qui est perverse, leur a laissé croire cela en leur donnant, pour la première fois de l'histoire de France, tous les pouvoirs. Le Sénat, l'Assemblée nationale, la Présidence de la République, quasiment toutes les régions, les grandes villes et les départements sans qu'ils aient de programme, si ce n'est deux trois bricoles qui proposaient de renoncer à séduire le monde du travail au profit de l'alliance des minorités identitaires, fournies par des succursales idéologiques comme la fondation Terranova, et non soumises au débat critique.

Au Bourget, François Hollande s'est appuyé sur quelques un de ses amis, inspirés, pour livrer un discours qui répondait à l'attente de nombreux électeurs et donnait l'impression que derrière le souffle de ce remarquable discours, se déclinerait le programme qui allait avec. Mais si l'on pouvait construire avec quelques amis une belle vitrine, les stocks de produits n'étaient pas là pour faire tourner le magasin.

Et pourtant la vie continue, il faut gouverner tous les jours et faire face à un monde, aussi cruel que d'habitude, pas plus, pas moins. Sauf qu'on ne s'est pas donné les moyens de le comprendre collectivement, afin d'un peu le domestiquer. C'est cela qui explique les défaites systématiques que connaît et connaitra le Parti socialiste aux élections intermédiaires. La loi dite "Macron" en est une illustration, jusqu'à la caricature. Personne ne pourrait dire que cette loi est traversée par une pensée, un programme, dont elle déclinerait en mesures, logiques, construites, articulées, pertinentes et susceptibles d'un débat global argumenté sur son contenu, qui serait une sorte « Grand dessein». Il est donc facile à chacun de ceux qui pourraient ou devraient la soutenir, d'y trouver la cuillère de goudron qui rendra impropre à la consommation le baril de miel qu'elle se prétend être.

Et comme pour faire passer tout cela on utilise le Joker absolu du 49-3, on confère au coffret de rustines le statut de « Boite à outils qui va réenchanter le rêve Français ». Mauvais réveil en perspective. Si on y ajoute la personnalité spécifique choisie pour l'incarner, un jeune fonctionnaire protégé par un statut exceptionnellement favorable, enrichi par un passage dans la haute finance, et doté d'une capacité à lancer à grands jets son mépris, avec un égal bonheur, sur les salariés pauvres et sur les chômeurs, on adjoint le piment, qui rend le plat inoubliable.

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Published by Gilles Casanova
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Christophe Chomant 23/02/2015 12:41

J’adhère totalement à l’analyse historique de Gilles Casanova : le Parti Socialiste, arrogant et paresseux, n’a pas pris la mesure de la Chute du Mur ni d’avril 2002 pour opérer sa mise à jour et se trouve aujourd’hui pris à son propre piège, déchiré entre la démagogie gauchisante de 2012 et la nécessité social-démocrate.
Je trouve Gilles en revanche un peu sévère avec Macron et sa loi éponyme. Premier pas courageux – enfin ! – d’une pensée sociale-démocrate encore balbutiante, la loi Macron doit être encouragée. Une droite intelligente, honnête, cohérente et généreuse aurait d’ailleurs dû la voter, plutôt que de pousser Valls au 49.3 par pur esprit de destruction. Les électeurs tentés par le FN sauront s’en souvenir. Macron n’a par ailleurs pas à être blâmé pour son passé de banquier. Gardons-nous des réflexes communistes anti-finance !
Les questions sont : Que les « Frondeurs » et les gauchistes feraient-ils de mieux que la loi Macron ? Que la droite au pouvoir pendant dix ans a-t-elle fait de mieux ? Que n’eut-elle eu le courage de faire au moins une loi analogue ? Que ferions-nous de mieux nous-mêmes si nous avions le pouvoir ? Les réponses à ces questions côtoient le néant.
Je partage le point de vue pessimiste de Gérard Pancrazi selon lequel le pouvoir de nos politiciens est, pour un certain nombre de raisons, plus ou moins glorieuses, réduit aujourd’hui à peu de chose.
L’inquiétude va plus loin : lorsque les électeurs se rendront compte que le FN ne guérit pas mieux que « l’UMPS » les maux de notre société, qu’adviendra-t-il ensuite ? Émeutes ? Révolution ? Terreur…?

Christophe Chomant,
Social-Démocratie
http://christophe.chomant.lgm.over-blog.com/

Gérard Pancrazi 23/02/2015 06:59

L'analyse de Gilles Casanova est comme toujours brillante, mais il faut aller beaucoup plus loin. Les gouvernants n'ont pas les moyens de leur politique, car la politique des pays développés et en particuliers européens, se décline à travers l'Union Européenne et des entités plus floues comme la mondialisation et les multinationales, ce qui ne donne pratiquement aucune marge de manœuvre.. Syriza en est le plus bel exemple, il est de suite rentré dans le rang et le FN ferait de même s'il parvenait aux affaires. Il n'y a plus de politique alternative sauf pour se faire élire.